POLOGNE 1980.


Malte-POLOGNE 1980.
- 7/12/1980 -
Debout: Mowlik, Milewsky, Janas, Skrobowski, Rudy, Lipka.
Accroupis: Dziuba, Iwan, Smolarek, Ciolek, Palasz.

FAN PICS. Pologne.

Coup de filet dans les rangs du syndicat Solidarność.

La grosse cylindrée de ZBIGNIEW BONIEK et la délégation polonaise.

Un petit air de Magnum pour Boniek et ses copains.

Après avoir obtenu son visa pour l'Espagne les doigts dans le nez en remportant tous ses matches dans un groupe plutôt faiblard (RDA et Malte), la Pologne entame au début de l'année 82 sa préparation pour la coupe du Monde par une tournée en Italie, futur adversaire des hommes d'Anton Piechniczek. Loin des remous et de l'état de siège instauré dans le pays par le très lunettes noires pour nuits blanches général Jaruzelski, qui réprime par la force et dans le sang opposants au régime communiste et militants du syndicat Solidarność, la sélection polonaise coule des jours heureux dans la Botte. Au programme, quelques rencontres amicales avec des équipes locales (Modène, Inter et la Roma). L'occasion pour le sorcier Piechniczek de prendre la température de son groupe - il emmène 19 joueurs au total - qu'il juge un peu vert et inexpérimenté hors de ses bases, et d'acclimater ce dernier à un public chaud et hostile qui l'attend en Espagne : « Mon équipe est jeune et son rendement trop inconstant, d'où la nécessité de faire jouer mes hommes autant que possible à l'extérieur pour les habituer à sentir le soutien d'un public fervent ». Voilà pour la version officielle, l'autre est à chercher ailleurs, du côté des usines de la marque au cheval cabré à Maranello.

Piechniczek file à l'Anglaise. Ses joueurs feront du stop - Zmuda et Enzo Ferrari

Profitant de la rencontre qui l'oppose à Modène en début de stage, les Polonais foncent à quelques kilomètres de là pour visiter les infrastructures de la scuderia Ferrari, sur invitation du « Commendatore » en personne, lequel n'a pas tout à fait rompu le lien qui unit son histoire à celle de la Pologne. Une rencontre émouvante qui ravive la mémoire du vieux Enzo Ferrari : « Pendant la guerre, j'ai caché trois Polonaises dans l'une de mes maisons. L'une d'entre elles était d'origine israélienne. Je suis athée mais je me rappelle encore de la croyance de ces trois personnes, du sens de la Religion que j'ai moi-même ressenti lors de l'attentat contre le Pape, un autre Polonais qui a fait preuve de son grand esprit de charité ». L'ingénieur ne mégote pas avec les présentations et, pour un peu, tirerait presque les larmes aux yeux de la délégation polonaise, surtout éblouie par la beauté des bolides rouges. Même quand il parle calcio et évoque le rendez-vous espagnol, Enzo Ferrari tire sur la corde sensible : « Pour ceux qui suivent la chose très sérieusement, la Pologne est notre adversaire le plus dangereux. Dans le sport comme dans la vie, rien n'est le fruit du hasard. Tout, au contraire, dérive de l'engagement mis en chaque chose. Les Polonais doivent apprendre cela ». Pour traduire, les hommes de Piechniczek doivent croire en leur chance. En attendant, Boniek et ses copains veulent bien croire au bon dieu et prient de tout leur cœur : « Mais bordel, quand est-ce que je vais pouvoir grimper dans la tire et monter dans les tours ? » C'est pas tous les jours qu'un Polonais touche une Ferrari du doigt. Même pas en rêve.

La délégation polonaise avec Il Commendatore.

SO FASHION. Yves Triantafilos et Robert Gadocha.


Un Grec et un Polonais qui déambulent côte à côte en causant du pays, ça ne court pas trop les rues à Nantes. Les supporters des Canaris ont pourtant l'occasion de croiser ce sympathique duo multicolore deux saisons durant (1975-77) du côté de Saupin. Faut dire que nos Starsky et Hutch de la Loire ont mis le paquet sur le mélange des couleurs. Comme les nouveaux chevaliers au grand cœur, le binôme nantais n'a peur de rien et se distingue par deux caractères bien différents: le mec cool et funky - Paul Michael Glaser - incarné ici par Yves Triantafilos, et le blondinet dragueur - David Soul à l'écran - repris par Robert Gadocha pour les besoins de la photo. L'ancien stéphanois rayonne avec un blouson mi-sportswear mi-Huggy les bons tuyaux, alors que son compère de l'Est, plus sobre, opte pour le look ouvrier-syndicaliste Solidarnosc. Un choc des cultures en quelque sorte. Tous les goûts sont dans la nature. A Nantes, c'est du côté du centre d'entraînement du FCN que l'on trouve la plus belle variété de spécimens.

OLYMPIQUE de MARSEILLE 1981-82. By Panini.


OLYMPIQUE de MARSEILLE 
1981-82

Debouts : Jouanne, Chancel, Gili, Di Meco, Mariot, Castellani, Santos, Blum, Anigo, Caminiti, Lévy.

Accroupis : Garcia, Pascal, Terrones, De Falco, Flos, De Bono, Lapinta, Lopez.




Le dico argot-foot du professeur Migeon. (part 1).


Gérard Migeon traîne une drôle de réputation sur un terrain. Considéré comme un cave dans ses bois, le prince de la toile est un cador des vestiaires. Un fondu de la langue française qui travaille à la craie. « La Mige », son surnom dans la famille du ballon rond, connaît tout des rouages du football: ses vertus, ses vices et les petites formules qui fleurissent au ras du gazon. Le « Titi parisien » de Longjumeau décrypte et flingue le dictionnaire du foot, celui du temps des grandes heures, sur le tableau noir. Avec sa gouaille et sa moustache malhonnête, notre fine gâchette prend la plume et passe au vitriol les expressions du milieu. Et faut reconnaître, c'est du brutal ! Avis aux non-initiés.

ALLUMER:
Enerver l'adversaire, essayer de lui faire perdre son sang-froid. Synonymes: brancher, chambrer.
  • « Si tu continues d'attaquer l'intégrité de ma maman et de ma soeur, tu vas finir par allumer la flamme qui brûle en moi ». (Zidane à Materazzi).
  • « Allumer le feu ». (Johnny au Parc des Princes).
Le cas en image.
« On t'avait bien dit que l'arbitre n'était pas trop branché par tes vannes de cul sur sa femme ».
- Claude Papi à Dario Grava. Bastia-Nice. Coupe de France 1976 -

OLYMPIQUE de MARSEILLE 1970-71. By Ageducatifs.


OLYMPIQUE de MARSEILLE 
1970-71

Debouts : Jules Zvunka, Roland Merschel, Jacky Novi, Jean-Louis Hodoul, Jean-Pierre Lopez, Jean-Paul Escale.

Accroupis : Roger Magnusson, Joseph Bonnel, Didier Couécou, Josip Skoblar, Charly Loubet.


Y A PAS QU'LE FOOT. Charly Loubet.


Charly Loubet et les crêpes suzettes. Non ce n'est pas le nom de la formation yéyé-rock'n'roll de l'international français pendant ses tendres années. Le natif de Grasse passé par Cannes, Nice et l'OM est un spécialiste des desserts à la maison tout en pratiquant le café-crème sur le pré. En homme d'intérieur accompli, Charly occupe ses mercredis après-midi en cuisine à préparer la pâte entre les pots de miel et de confiture au plus grand bonheur de ses enfants qui attendent avec impatience de déguster les crêpes de leur papa-footballeur. Et visiblement, malgré une bonne technique, le buteur français pêche un peu parfois dans le dernier geste et la finition: le retourné de la galette dans poêle. La faute à la pression de ses deux filles, souvent critiques sur le contenu du match : « Papa, on avait dit sans grumeau les crêpes ».

WAGs RETRO. Marius Trésor et sa sexy girl.


Des vacances en forme de lune de miel pour Maggy et Marius Trésor qui profitent du coucher de soleil de la Guadeloupe, l'île natale du défenseur marseillais, et d'un véritable décor de cinéma pour se laisser aller à quelques scènes torrides, en tenue d'Adam et Eve, sous l'œil des photographes. En attendant les gros titres dans les journaux : « Amour, gloire et beauté sous les cocotiers ».

FRANCE-Norvège 1987.


FRANCE 1987.
FRANCE-Norvège.
- 14 octobre 1987 -
Debout : Bijotat, Sénac, Amoros, Touré, Martini, Fernandez.
Accroupis : Anziani, Fargeon, Sonor, Cantona, Boli.

IDENTITE NATIONALE. La fiche Edf de... Eric Cantona.


Première sélection ?
Puté, tu m'emmerdes avec tes conneries. C'est quoi ton canard ? Un truc sur le vintage. Je ne regarde jamais en arrière. Je suis toujours tourné vers l'avenir. Il y a une vie après le foot. La peinture, le cinéma. Puté, je suis un artiste. La première fois, c'est le début d'une histoire. Moi, j'ai plein d'histoires donc plein de premières fois. J'avance dans la vie. Je touche à tout. C'est comme pendant un match, je dribble les étiquettes. Je ne suis pas le genre de mec qu'on met dans une case. Je change de rythme. Jeu court, jeu long, je suis sur tous les fronts. La création, puté, c'est ça le plus important. Prendre des risques, se mettre en danger, toucher à l'inconnu. C'est ça la vie. La première fois, la plus belle, c'est quand tu lasses tes premiers crampons offerts par tes parents. Le reste, c'est que de la gloire. Des paillettes. Té, j'vais te le dire quand même. Mon baptême en Bleu, c'était à Berlin contre la RFA (12/8/1987). Je marque sur le terrain et dans les esprits. Puté, je suis Canto, Pelé, Picasso, l'équipe de France, tout à la fois. Je laisse mon empreinte, ma griffe. Je suis the artist. 

La der ?
C'est pas ça le plus important, puté. Quand tu portes le maillot bleu pour la première fois, tu ne le quittes plus. Il est avec toi toute ta vie. Malgré les déchirures, les clashes et les séparations douloureuses. On ne divorce pas de l'équipe de France. Par contre, on t'y fout à la porte, puté. Parce que tu fais de l'ombre tellement tu éblouis le vestiaire par ton charisme. Même si je ne suis plus sélectionné depuis 1995 (le 18 janvier contre les Pays-Bas), mon esprit est là en 1998. Il est encore là en 2000. Pas en 2010 à cause du plus mauvais sélectionneur jamais vu depuis Louis XVI. Moi, je suis l'Histoire du foot français, du foot anglais, de Manchester. Un théâtre de rêves qui met le feu sur les planches, parce que je suis aussi le théâtre. 

Fait marquant en Bleu ?
Chaque sélection marque. Tu te transcendes, tu joues pour ton pays, puté. C'est le sommet, la récompense de ton travail et de ton art. C'est pourquoi chacune de tes non-convocations marquent également. Mais faut voir ça avec l'autre sac à merde d'Henri Michel, le pire des metteurs en scène depuis Raymond Domenech.

Anecdote ?
Ma carrière est anecdote, puté. Des petites histoires dans la grande. Henri Michel, Jean-Claude Lemoult, ce menteur de Tapie, l'autre connard dans les tribunes. C'est ma vie, mon chef-d'oeuvre. Et Kostadinov est mon nanard. La petite faute de goût dans mon CV bien fourni qui m'empêche de marcher sur les traces de Pelé aux States. Mais maintenant j'ai New-York Cosmos. Une manière de m'approcher encore un peu plus près des étoiles. Puté.


FLAMENGO 1981-82.


CLUBE DE REGATAS DO FLAMENGO 1981-82.
Debout: Raul, Leandro, Mozer, Figueiredo, Andrade, Junior.
Accroupis: Tita, Adilio, Nunes, Zico, Baroninho.

MAILLOT DE LEGENDE. Flamengo.

1981, la vague rose inonde la France où le ciel découvre enfin ses reflets bleus, croit-on. A des kilomètres de là, c'est le rouge et noir anarcho-syndicaliste du Flamengo de se retrouver au Panthéon du futebol brésilien. Une année faste pour le club carioca tout juste auréolé de son premier titre national la saison précédente, qui s'octroie deux nouveaux trophées à quelques mois d'intervalles: la Copa Libertadores aux dépens des Chiliens du CD Cobreloa après un match d'appui à l'estadio Centenario de Montevideo (2-1, 0-1, 2-0). Une finale au caractère unique qui place Arthur Antunes Coimbra, dit Zico, sur un piedestal. Le « Pelé blanc » inscrit les quatre buts de la finale et emmène son équipe à Tokyo pour la vingtième édition de la coupe intercontinentale. Une victoire nette et sans bavure contre les Reds (3-0), les prolos de Liverpool défroqués par la classe de Zico, élu par ailleurs homme du match. C'est l'âge d'or de la section football du Clube de Regatas do Flamengo, créé 70 ans plus tôt (1911) après un désaccord avec quelques joueurs partis fonder Fluminense - le rival historique - qui remporte encore deux titres nationaux par la suite (1982 et 83) avant de rentrer dans le rang. La faute à l'idole des supporters rubro-negra parti monnayer ses talents en Italie, à Udine, où il perd un peu de sa botte magique.

En rouge et noir, Zico affiche son coeur.

La grosse cylindrée de ZICO.


Zico, un joueur classe sur le terrain comme à la ville. Le milieu offensif de la Seleçao et ses copains profitent du climat chaud qui règne dans son pays pour circuler en décapotable dans les rues de Rio. Une sorte de boys band en vadrouille qui tombe la chemise pour lever de la minette. « Un plan comme ça » semble indiquer le Pelé blanc, pas trop difficile sur le choix des couleurs et du modèle. L'occasion, comme le type du véhicule, de bien faire marrer les copains et rouler en toute décontraction.
  

BRESIL 1981.


BRESIL 1981.
Debout: Edevaldo, Cerezo, Oscar, Carlos, Luizinho, Junior.
Accroupis: Nockaute Jack (masseur), Tita, Renato, Socrates, Batista, Zé Sergio.

MATCH REPLAY. Le jour où... Paulo Cesar fait son retour en France.


Il avait quitté la France et l'OM en 1975 sur un malentendu, un an seulement après son arrivée sur la Canebière. Un départ avec perte et fracas suite aux incidents, dont il est à l'origine avec son compère Jaïrzinho, survenus lors d'un quart de finale de coupe de France houleux contre PSG. Une bagarre au retour des vestiaires contre le corps arbitral qui provoquent les foudres de la fédé et son transfert précipité à Fluminense. Paulo Cesar fuit Marseille par la petite porte, sous la pression des dirigeants olympiens excédés par les frasques du Brésilien. Une pilule difficile à avaler pour le champion du Monde 70, obligé de mettre un terme à son aventure marseillaise avant qu'elle ne commence. De retour au pays, l'attaquant fantasque a la samba triste et ne rêve que d'une chose: un come-back en France, histoire d'en finir avec une réputation olé-olé : « J'aimerai revenir jouer en France. Je sais que j'ai laissé une mauvaise impression, mais j'ai beaucoup changé. J'ai muri, je me suis calmé, je suis un autre homme. Avant, j'étais jeune, je faisais un peu n'importe quoi. Je réalise enfin qu'il faut être sérieux dans la vie de footballeur professionnel ». Des aveux en forme d'appel du pied pour les dirigeants des clubs français, et Daniel Hechter en particulier, un ami chez qui il aime passer ses vacances du côté de St-Tropez. D'ailleurs, quand on l'interroge sur ses choix de prédilection, Paulo Cesar joue la carte sentimentale : « Paris St Germain, car j'y est des attaches particulières même si Hechter n'est plus président. L'Olympique de Marseille, bien sûr, et pourquoi pas, Nice. J'aime bien Jean-Marc Guillou ». De quoi donner le moral au stratège des Aiglons qui ne connaîtra pas la chance de taper le carton ni de partager la chambre du Brésilien pendant les mises au vert. Pour son retour en France (1983), alors qu'il entre dans sa trente-quatrième année, Paulo Cesar signe un contrat à Aix-en-Provence, alors en D.III. Une arrivée par la petite porte qui en ouvre d'autres à cet amoureux du spectacle, puisque le retraité pige en parallèle au poste de chargé de relations publiques du théâtre local. Toujours sous le feu de l'actualité et des projecteurs, Paulo Cesar tire sa révérence au bout d'une saison. Rideau.

ITALIE 1978.


ITALIE 1978.
Debout: Gentile, Zoff, Sala, Bettega, Bellugi, Benetti.
Accroupis: Antognoni, Graziani, Scirea, Maldera, Tardelli.

FANS PICS. Italie.

Des opposants au sélectionneur Enzo Bearzot en colère.
- 1978 -

MATCH REPLAY. Le jour où... Luciano Re Cecconi réalise le hold-up presque parfait.

Les meilleures blagues peuvent parfois virer au drame et se retrouver dans la rubrique fait divers des journaux. C'est le cas du malheureux Luciano Re Cecconi qui n'est plus là pour témoigner, pris à son propre jeu et auteur d'un scénario mal ficelé où l'humour noir rejoint un mauvais polar de série B. Et pour cause, le défenseur international de la Lazio, qui s'apprête à faire son retour dans l'équipe type après une vilaine blessure contractée contre Bologne (victoire 3-0) qui l'éloigne des terrains depuis la fin du mois d'octobre 1976, ne portera plus le maillot laziale par la faute non pas d'une rechute ou de complications quelconques, mais de ses vannes douteuses à plomber l'ambiance.

C'est un mardi comme un autre ce 18 janvier 1977. Luciano Re Cecconi, qui s'entraîne seul depuis quelques semaines au stade Flaminio, rejoint ses coéquipiers et amis Pietro Ghedin et Renzo Rossi dans la soirée pour dîner au restaurant. Une bonne bouffe autour d'un bon petit plat. A l'heure de payer l'addition, Rossi quitte ses compères. Autre chose à faire. Le duo décide alors de rendre visite à un ami commun, George Fraticcioli, qui tient une boutique de parfums. Après les retrouvailles, ce dernier invite les deux laziali à l'accompagner chez un client bijoutier à qui il doit livrer quelques flacons sur la via Nitti dans le quartier de Flaminio.

Il est 19h30, l'heure de la fermeture, quand les trois hommes pénètrent dans la bijouterie de Bruno Tabocchini. Le moment choisi par Luciano de jouer au grand bluff. Le col de son imper relevé, une main dans la poche simulant un pistolet, l'idole du stadio Olimpico hurle à la cantonade : « Hauts les mains, peau d'lapin, la saucisse en maillot de bain, c'est un hold-up ! » Seulement le taulier des lieux n'est pas très piscine et plutôt échaudé par les tentatives de vol dont il fut la victime à plusieurs reprises. Ayant pris l'habitude de porter un revolver sur lui, le bijoutier tire sur ce qu'il croit être un voleur d'autant qu'il n'est pas trop porté sur le foot et ne reconnaît pas son agresseur. Re Cecconi, qui a à peine le temps d'esquisser un « c'est une blague, c'est une blague » tombe par terre. Son complice et partenaire sur le terrain qui l'accompagne dans ce mauvais coup, dévoile aussitôt son visage et lève les mains en l'air. Par chance, Tabocchini le reconnaît et cesse la fusillade. Quand Ghedin se penche sur son coéquipier pour lui signaler que la plaisanterie est terminée, Luciano Re Cecconi gît au sol dans une mare de sang, atteint d'une balle en pleine poitrine. Le défenseur italien succombe à ses blessures une ½ heure plus tard avant d'arriver à l'hôpital. Il venait de fêter ses 28 ans un mois plus tôt. Le bijoutier est arrêté puis inculpé avant d'être acquitté trois semaines plus tard au titre de la légitime défense. Comble d'ironie, Luciano Re Cecconi est le seul joueur de la Lazio de l'époque à ne pas posséder d'armes à feu chez lui. Son fils Stefano, deux ans au moment des faits, conteste depuis le verdict du tribunal, soutenus par des anciens partenaires de son père (Luigi Martini et Vincenzo d'Amico). Leur défense ? La réserve affichée par Re Cecconi avec les gens hors de son cercle d'amis qui ne l'autorise pas à produire tel acte de folie. Par ailleurs, Tabocchini n'avait pas hésité à tirer quelques mois avant le drame sur des voleurs blessés. Une manière de réhabiliter la mémoire de son père. Sans certitude.


CESENA 1981-82. By Panini.


CESENA 1981-82.
Debout: Genzano, Mei, Recchi, Verza, Schachner, Oddi.
Accroupis: Filippi, Ceccarelli, Piraccini, Garlini, Lucchi.


WAGs RETRO. Walter Schachner et sa velina.


Est-ce l'air de l'Italie qui rend Walter Schachner si romantique? A peine débarqué à Cesena en provenance de l'Austria Vienne, l'attaquant autrichien profite de quelques moments de détente pour visiter sa nouvelle ville d'adoption avec sa compagne Connie. L'occasion pour notre couple romanesque de découvrir la côte adriatique, flâner au rythme de la dolce vita et d'immortaliser ces instants de bonheur au pied de la fontaine Masini, dont la légende raconte qu'elle rendait les gens si heureux à Cesena que son concepteur fut amputé des deux mains par les habitants des villes voisines, jaloux de la gaieté qui régnait autour de la place du peuple. Connie et Walter sont prévenus : jeu de mains, jeu de vilains.

F.C SOCHAUX 1970-71. By Ageducatifs.


F.C SOCHAUX-MONTBELIARD 
1970-71

Debout : Jacques Largouet, Gérard Burckle, Eugène Battmann, Vojislav Melić, Laszlo Seleš, Marcel Wassmer.

Accroupis : Léon Maier, Michel Watteau, Philippe Piat, Georges Lech, Pierre Lechantre.


Y A PAS QU'LE FOOT. Eugène Battmann.

Encore une situation chaude à gérer pour Battmann.

Eugène Battman ne ressemble pas du tout à un super-héros. Pas la moindre cape internationale, tout juste une pré-sélection à un stage lors de la saison 1971-72, et une carrière pro qui commence sur le tard à 29 ans. La faute d'abord à une maman hyper-protectrice, sorte de wonder woman qui livre bataille contre « un jeu de sauvages » et redoute que son fils « prenne un mauvais coup » à trop fréquenter les forces du mal. Le destin de la vie aussi, tout connement. Eugène quitte l'école à 14 ans et file en apprentissage de serrurier dans son village natal de Masevaux. Un bon plan pour trouver les clefs de la tactique adverse et fermer le verrou aux attaques d'en face. Notre homme pratique en effet le football à l'insu de sa daronne, dans les bois, « son meilleur poste » selon l'avis de son fidèle compagnon et ami d'enfance Robin, tout en menant en parallèle le métier de ferronnier. Pas dans n'importe quelle branche puisque que le portier de Sochaux exerce la ferronnerie d'art. Son joker à lui en dehors du foot en quelque sorte. « Voir ce bout de ferraille » prendre vie entre ses doigts, c'est son truc. Une passion intense et profonde à laquelle il s'adonne sans compter dans son atelier, travaillant le fer avec l'enclume et le marteau dans le foyer incandescent de la forge. Une façon très personnelle d'être sous le feu des projecteurs quelque part, qui lui procure des émotions fortes : « J'éprouve une réelle satisfaction à créer quelque chose. Pas tant pour moi que pour les autres, pour leur faire plaisir. J'ai ainsi l'impression de donner un peu de moi-même à ceux pour qui je travaille ».

Eugène Battmann en studio remixe un morceau de Einstürzende Neubauten.

D'ailleurs le boulot, il ne craint pas. Gégène est un manuel qui déteste l'oisiveté, le fruit de son éducation qui l'entraîne très tôt dans la vie active. Avec ses frangins - ils sont six au total plus quatre sœurs - il a construit une maison pour l'un d'eux dans son patelin alsacien. Chez lui, Battmann ne vit pas comme une chauve-souris. Le carrelage, la cheminée sont le fruit de ses mains expertes, comme la grille de la porte d'entrée et toutes les coquetteries en fer forgé qui décorent « his home sweet home »: la rampe de l'escalier, les lustres et les appliques de la salle à manger. Pour finir, Eugène a même investi ses premières primes de joueur pro dans un salon de coiffure pour sa femme. Au rez-de-chaussée de sa maison. Une affaire qui « marche très bien » et permet d'anticiper sur l'évolution de sa carrière sur le banc des remplaçants.

Battmann chez le coiffeur. Un nouvel épisode des aventures du super-héros.


O.G.C NICE 1971-72.


O.G.C NICE 1971-72

Debouts : Roger Jouve, Claude Quittet, André Chorda, Francis Isnard, Francis Camérini, Dominique Baratelli.

Accroupis : René Fioroni, Jean-Noël Huck, Charly Loubet, Günther Kaltenbrunner, Leif Eriksson.

SO FASHION. Dominique Baratelli.


Dominique Baratelli a t-il intégré le show Holiday on Nice ? Pas exactement. En fait le portier niçois est un grand amateur de hockey et profite de son temps libre pour glisser sur la patinoire. Un vrai sportif dans l'âme qui dévoile ses goûts pour les sports d'hiver, sans prendre de gants ni redouter la mise en échec. L'occasion de prendre les patins du gardien international : « OK, la Côte d'Azur n'est pas l'endroit le plus propice à l'émancipation des sports de glace. Mais à Nice, on est à un vol d'Aiglons de Cannes et son palet du festival. Un avantage pour l'amateur que je suis ». Visiblement, Doumé manipule aussi bien la crosse que le sens de l'humour. Sans casque en prime pour éviter les mauvaises chutes.

La grosse cylindrée du TEAM PSG.


Urgent. Vds cause départ en Province, et parce que je suis plutôt Peugeot, superbe Citroën Visa spéciale PSG. Modèle d'origine, année 1983 (ou 84), toutes options, faible kilométrage, poste à K7 intégré, vendue dans son jus (couleurs et décorations d'origines). Intérieur rouge et bleu et sièges avants dédicacés par les joueurs. Visible sur le Champs-de-Mars. Prix à négocier. Pour tous renseignements : s'adresser à Lucien Leduc ou au siège du club.

PARIS SG 1973-74.


PARIS SG 1973-74.
Debout : Bade, Planchart, Renaut, Cardiet, Leonetti, Laposte.
Accroupis : André, Deloffre, Spiegler, Dogliani, Brost.

SO FASHION. Jean-Pierre Dogliani.


L'homme qui prend la pose en Monsieur de Fursac, c'est le regretté Jean-Pierre Dogliani. L'ancien Marseillais passé par Angers, Bastia et Monaco, rejoint Paris SG au début de la saison 1973-74. Le club de la Capitale dirigé par le « gang des chemises roses » et son président Daniel Hechter affiche ses ambitions: la montée en D.I avant de parader sur le podium de l'élite. Pour cela, le couturier qui rêve d'une grande équipe à Paris recrute parmi les meilleurs du joueurs du championnat, dont le néo-capitaine parisien, chef de file de sa collection d'été très à l'aise dans ses bottines, qui prend à cœur son rôle de leader sur le terrain non sans humour : « Le public parisien est difficile. Parfois versatile et souvent Versace. Mais je ne suis pas là pour me faire tailler un short ». Un clin d'œil au concepteur du maillot parisien qui n'oublie pas que sur tous les stades de Province, ses joueurs ont pris l'habitude de se faire tailler un costard par un public hostile.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Stanislas Karasi.

STANISLAS KARASI.
Pétri de classe et doté d'un talent inné, Stanislas Karasi possède aussi ce petit grain de folie inhérent à cette race de joueurs touchés par la grâce et le génie. Un doux-dingue à la vision débridée du jeu qui prend souvent à contre-pied les idées reçues. Le Serbe déroute ceux qui le côtoie par ses dribbles et ses frasques sur et en dehors du terrain. Un personnage à part, capable du meilleur comme du pire selon son humeur du jour et des partenaires mis à sa disposition.

C'est à Belgrade, quasiment un an après l'armistice, que l'attaquant yougoslave s'éveille à la vie (8 nov. 1946). Issu d'un foyer modeste et surpeuplé à cause de son petit père (six frères et sœurs), Stanislas croit néanmoins en sa bonne étoile rouge, rêvant aux exploits d'un tonton d'origine hongroise qui joua en son temps avec les Puskas, Sandor et Kocsis. La dream-team de l'Est, c'est bath. C'est pourquoi le jeune Stanis commence par le hockey avant de taper dans la balle à la récré. Très vite repéré par les scouts du Partizan, Karasi claque la porte au bout de quelques mois, déçu de ne pas assister à un stage de jeunes et lançant à qui veut l'entendre : « Vous vous souviendrez de moi ». A 13 ans, le gamin a déjà du caractère et c'est à l'Etoile Rouge qu'on le retrouve par la suite, après s'être distingué lors d'un tournoi des écoles de Belgrade. Au moment d'intégrer l'équipe fanion, les dirigeants lui proposent de parfaire son éducation du côté de Kragujevac, le Sochaux local qui produit la petite Yugo dans les usines Zastava. Karasi refuse et l'Étoile résilie son contrat. Il a 19 ans et son avenir se dessine désormais à Borovo, en deuxième division. La punition en quelque sorte. Appelé sous les drapeaux, Stanislas mène de front sa carrière militaire et sportive avec entrain. Le jeune attaquant se révèle au sein d'une équipe commando. Un effectif de parias parachutés de nulle part dans lequel cohabitent différentes ethnies. Karasi vole sur le pré et suscite l'intérêt des recruteurs. A commencer par Vujadin Boskov, l'entraîneur du FK Vojvodina Novi Sad, prêt à lui offrir maison, voiture et argent pour l'attirer dans son équipe. Cependant, alertés par la manœuvre, les dirigeants de l'Etoile Rouge mettent le paquet pour ramener le rebelle au bercail, allant chercher ce dernier jusqu'au pas de sa porte. Ils obtiennent l'accord du joueur qui signe son contrat sans rancune, hormis quelques baffes pour ses hôtes en guise d'accueil. Karasi débute sous ses ex-nouvelles couleurs en avril 1969 et jusqu'au 1er mai 1974, marque l'histoire du club de Belgrade par ses nombreux buts (130 au total) et les titres amassés ça et là : le championnat (1970-73) et la coupe (1970-71). Des exploits en club qui l'amènent à porter le maillot des « Bleus » (10 sél.) et participer à la coupe du monde 1974 durant laquelle il se montre à son avantage, deux buts au compteur, avant de disparaître des tablettes du sélectionneur qui l'oublie un peu durant son exil en France.

C'est en effet à Lille que Stanislas pose ses valises au sortir du mondial allemand. Le LOSC navigue malheureusement dans le bas du tableau à l'époque, et l'arrivée de l'international yougoslave n'y change rien malgré ses performances sur le terrain. Auteur de treize et douze réalisations lors des deux premiers exercices, Karasi n'évite pas la relégation du club à l'issue de sa dernière saison nordiste (1976-77) malgré une dizaine de buts à son actif. Les Dogues sont aux abois, Karasi perd le Nord et la tête aussi parfois comme ce jour d'hiver 1976 quand il chope son coéquipier Patrick Parizon à la gorge, fautif d'une mauvaise passe. Conspué par le public, il s'en sort avec une amende et de plates excuses. L'incident est clos mais quelques mois plus tard, le Serbe en remet une couche à l'occasion du derby. Le LOSC écrase Lens 5-1. Karasi, auteur d'un hat-trick pour l'occase, se casse du terrain et rejoint les vestiaires sitôt son troisième but inscrit. Quand il décide de revenir sur la pelouse à quelques minutes du coup de sifflet final, il se mesure à Christian Coste qui l'interpelle sur son attitude. Mézy compte les poings (!!!) et sépare les deux hommes. La séparation avec le club nordiste est alors inéluctable et Karasi rejoint la Belgique au début de la saison 78. Deux années tristes. A Anvers, Stanis joue à l'envers et contre tous. Ça sent la fin de carrière. Le moment choisi par Karasi pour s'envoler vers les States et choper quelques contrats en or du côté de Buffalo Stallions, une équipe un peu Rocky IV sur les bords, et New-York Arrows, la dernière corde à son arc quelque part. Après ça, Stanislas Karasi retourne au pays, à Belgrade, la ville de ses amours, sur un coup de cœur. Avec l'âge, Stan a fini d'en faire à sa tête.