PUB. Adidas. Paul Breitner / Bayern München.

ADIDAS
- Paul Breitner -
(Bayern München)

SCHALKE 04 1975-76. By Bergmann.


FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Norbert Nigbur.


NORBERT NIGBUR.
Norbert Nigbur aime la coupe. Pas que sur le plan sportif visiblement. Le gardien (occasionnel) de la Mannschaft et de Schalke 04 brille également par sa tignasse circa 74. Un truc qui incarne l'esprit de l'époque. « Za m'a couté trois Deutsche Marks zette betite folie ». L'équivalent d'une coiffure à deux balles d'après le convertisseur en Euros, et selon l'avis des professionnels du métier : «  On a en a connu un autre aussi qui était dans le même délire. C'était dans les 90's. Chris Waddle ! Oh, qu'est-ce qu'on s'marrait avec lui ». A l'inverse du m(r)etrosexuel anglais, chanteur maintream à ses heures perdues, Norbert Nigbur plonge tête baissée dans la branchitude underground. Un look travaillé, inspiré par l'esprit glam-rock malgré ses faux airs de Brian Jones parti sur une comète. « Z'ador-euh. Un massacre ! Comme le groupe là ». Allez, on ne peut plus arrêter Norbert qui sort les 33 tours de la discothèque. Bowie, New York Dolls, Bolan, Slade, Mott the Hoople. Pas si improbable en fait à voir l'allure du type. A la coule et bien dans ses fringues. Mieux qu'en short et crampons s'il pouvait faire un choix. Norbert à une image à défendre backstage auprès des groupies qui frappent à sa loge. Pour faire un truc à trois peut-être ? Bah, c'est son chiffre à priori.


BULGARIE 1970.


BULGARIE 1970.
Debout : Simeonov, Dimitrov, Davidov, Aladjov, Chalamanov, Nikodimov.
Accroupis : Dermendjiev, Bonev, Jekov, Yakimov, Marachliev.

FAN PICS. Bulgarie.

Un Bulgare sous son parapluie. Ouh, ça sent le coup fumant !
(Bulgarie-France 1976 - Sofia).

TCHECOSLOVAQUIE 1980. Euro. By Panini.


CESKOSLOVENSKO - EUROPA 80 -

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Zdeněk Nehoda.

ZDENEK NEHODA.
Le jour de gloire de Zdeněk Nehoda est imprimé à jamais dans sa caboche. C'était le 20 juin 1976. Ce soir-là, Zdeněk et ses coéquipiers de la sélection tchécoslovaque battent la RFA en finale de l'Euro aux tirs au but. Panenka invente un geste et propulse son pays sur le toit de l'Europe du foot. Un duo d'artistes est né. Panenka et Nehoda gagnent un nom au niveau international. Le top pour un joueur de l'Est qui peut toujours courir pour faire carrière à l'Ouest. Nehoda n'a pas eu de bol. Il est né le 9 mai 1952 à Hulín. C'est comme Oullins mais en République Socialiste. Un peu la dèche donc pour l'attaquant moustachu qui lie forcément sa carrière à un club. Une sorte de contrat à vie à l'époque du communisme vintage qui interdit tout départ vers l'Ouest avant 30 ans. Autant dire une éternité pour Nehoda qui se consolera avec les rencontres internationales pour faire causer un peu de lui. Zdeněk mène une vie banale à Dukla Praha (1971-83) où ses exploits ne transpercent pas de l'autre côté du rideau de fer. Quelques tours de coupes d'Europe par-ci par-là. Pas beaucoup pour un joueur qui impose son style - moustache et poils aux pattes - sur le plan national. Trois titres de champion (1977, 79 et 82) et deux coupes (1981 et 83). Bah ça commence à peser dans le short avec une médaille à l'Euro 80 (3ème) et une participation à la coupe du Monde 82 en prime. 90 sélections au compteur pour asseoir la renommée. Zdeněk n'évite cependant pas la sortie de route au moment où la Fédé lui octroie son visa pour l'Ouest. L'accident - la traduction de son nom - de parcours. Nehoda file en Allemagne à Darmstadt 98, comme le nombre de buts qu'ils prennent par saison. Plan lose et mélancolie slave. L'attaquant ne trouve pas ses marks et semble partir pour le Standard de Liège. On le cherche toujours là-bas. Nehoda pose finalement ses valises à Grenoble où il cherche un poste d'ingénieur mais surtout une équipe de foot. C'est son boulot après tout. Une pige de deux ans avant de mettre un terme à sa carrière juste avant l'âge légal de la retraite fixé à 60 ans à l'époque.

Nehoda sous le maillot de la sélection.

DUKLA PRAHA 1977-78.


DUKLA PRAHA 1977-78.
En haut : Viktor, Gajdusek, Bendl, Netolicka, Tabor, Horny, Macak.
Au milieu : Scasny, Macela, Pelc, Kriz, Novak, Fiala, Bilsky.
En bas : Samek, Vizek, Nehoda, Vejvoda (ent.), Brunovsky (ent. adj.), Rott, Stambacher, Svehlik, Dvorak.

MAILLOT DE LEGENDE. Dukla Praha.

Le maillot qui fait triper le groupe anglais HALF MAN HALF BISCUIT. Le combo post-punk lui consacre même un morceau, « All is I want for Christmas is a Dukla Praha away kit », qui reste à ce jour son titre le plus connu. HM HB donne son avis et préfère la version à l'extérieur. Le deuxième jeu en quelque sorte. L'esprit indé jusque dans les choix sportifs. Comme en musique, les goûts et les choix ne se discutent pas. Merci pour le geste quand même. Pour le coup, on aurait tort de vanner. Les deux versions se valent et rivalisent de classe... ouvrière. Militaire plutôt - moins mainstream - puisque le club a été fondé par l'Armée en 1948. Une dominante jaune pour le home-kit (maillot à domicile en tchèque) barré du logo du club en pleine poitrine. Bombez le torse. Dukla Praha traverse ainsi le championnat tchèque durant des décennies - 11 titres de champion et 9 coupes – jusqu'à sa dissolution en 1990 et la fusion avec FK Příbram. Les vieux fans pleurent les idoles. Josef Masopust le chevalier, Zdeněk Nehoda qui tire les pénos normal ou Ivo Viktor, l'homme des bois (il est goal en fait). Pavel Nedved paraît-il aussi. Là les supporters ne chialent plus et décident de monter au créneau. Dukla Praha naît une deuxième fois en 2006. Une petite pincée au cœur pour les membres de HM HB toujours à l'affût d'un come-back aussi.


POLOGNE 1986.


POLOGNE 1986 
- coupe du Monde -
Debout : Mlynarczyk, Majewski, Palawk, Wocicki, Urban, Ostrowski.
Accroupis : Boniek, Matysik, Dziekanowski, Komornicki, Smolarek.

EN TOUCHE. La photo (pas très) finish de... Włodzimierz Smolarek.

A l'époque du communisme à l'ancienne, les deux blocs, tout ça, la Pologne n'est pas le pays austère que l'on s'imagine en voyant les lunettes fumées du Général Jaruzelski à la télé. Ouh, ça fait froid dans le dos. On sait s'y marrer aussi, grâce à la contre-bande et au marché noir de quelques échantillons de culture impérialiste. Visiblement, la vente sous le manteau des vidéos pirates de la série Benny Hill tient les faveurs de Włodzimierz Smolarek. «  Je les regarde le soir, à la lumière de la bougie dans mon 15m2 habitable. J'adore le générique de fin quand ça passe en accéléré ». Face à l'objectif, l'attaquant polonais ne tient plus en place et part alors dans une imitation du comique anglais, grimace à l'appui, dans le sketch du Bobby un peu benêt. Un classique du genre imparable pour Smolarek qui n'a pas fini de se fendre la poire avec sa dernière trouvaille, une compilation du bêtisier de la série : « C'est un vieux copain exilé en France qui me l'a envoyé. Il a 50 ans et une tête de Gaulois ». Ah bon, bah merci pour l'info. Mais pourquoi il se met à causer d'Astérix alors qu'on fait un sujet sur l'autre con d'Anglais ? « Parce que j'en ai plein le casque de tes questions, ah ah !! ». Du Benny Hill dans le texte.

A.J AUXERRE 1980-81.


A.J AUXERRE 1980-81

Debouts : Rémy, Bats, Denis, Noël, Charles, Cuperly, Wieczorek.

Accroupis : Ferreri, Sab, Lanthier, Szarmach.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Andrzej Szarmach.

ANDRZEJ SZARMACH.
Une carrière longue comme un cortège d'ouvriers grévistes des chantiers navals de Gdańsk. Andrzej Szarmach, port de la moustache réglementaire, les cheveux raides comme un bâton – ou comme un Polonais (d'où l'expression t'es soûl comme un Polonais ou bien ? = 'tain, t'es pas encore allé chez le coiffeur) est un dinosaure du football et une figure de son époque. Atypique. Une sorte de Laurent Fignon qui se serait laisser convaincre par les bacchantes à Jean Ferrat. Un petit air de contestation presque normal pour ce natif de Gdańsk, il y est né le 10 mai 1950, un patelin bien connu pour un autre leader moustachu. Rebel, rebel. Andrzej a le tort de voir le jour en Pologne et de ressembler au P'tit Jésus en culotte courte dans sa jeunesse: « Toi, ressembler Petit-Jésus kulotte kourte ! Toi footballeur sera alors ! Hé hé !!! ». L'humour de l'Est où on choisit pas trop son destin à l'époque parce que le Parti s'en occupe. Et la Fédé en prime. Carrière bloquée dans le pays jusqu'à la trentaine, Szarmach appartient la génération sacrifiée sur l'autel du communisme des Lato, Deyna, Gadocha, Lubanski et toute la clyk (et les autres en Polonais) qui se montre en scène uniquement lors des compétitions internationales. Sur le podium (3è) du WM 74, médaillé d'argent aux J.O de Montréal 76, Andrzej ronge son frein à Górnik Zabrze (1972-76) et Stan Mielec (1976-80) après des débuts à Arka Gdynia (1968-72) en allant au charbon tous les dimanches pour planter des mines. Il a 50 ans quand il débarque sur les bords de l'Yonne. A Auxerre, Szarmach retrouve un autre leader charismatique. Guy Roux dit Le Rouge. Sous le joug de l'oppression - un destin tout tracé - Andrzej réalise des promesses malgré sa moustache jaunie par le temps. Pendant 5 années (1980-85), il part en meeting le slogan racoleur « Quand Szarmach, l'AJA gagne », rameute les foules à l'Abbé-Deschamps et revêt le costume papal. Bon il est Polonais après tout. Meilleur buteur de l'histoire du club, meilleur joueur étranger 1981 et quelques médailles au classement des buteurs, Szarmach quitte la scène internationale après le mundial 82, une médaille accrochée sur le survêtement (3è). En club, il offre un dépucelage européen à l'AJA avant de partir en Bretagne. A Guingamp (1985-87) où sa moustache lui donne désormais des allures d'irrésistible Gaulois, il rencontre Noël Le Graët mais il sait pas trop qui c'est. Le manque de stature peut-être. Du coup, il file au Clermont-Foot (1987-89) terminer sa carrière pas très loin de chez Giscard. L'embourgeoisement ? la fin d'un système avec la chute programmée du Mur ? Szarmach épouse ensuite le métier d'entraîneur et propose ses services à Châteauroux et Angoulême avant de revenir au pays, en brûlant une bougie devant les photos sépia du pape et du P'tit-Jésus.


A.J AUXERRE 1982-83.


A.J AUXERRE 1982-83.

JOËL BATS. Sur un arbre perché.

Que fais-tu, Joël Bats, toi l'homme-oiseau perché du haut de tes bois tel un poète assis sur la branche ? La poésie, ça inspire. Les vers me tombent à la pelle. Et à ce niveau, le gardien isolé - soli solitude - dans son (petit) rectangle vert en a tout un stock de cahiers Clairefontaines à déclamer sur son perchoir, lui qui taquine la Muse à ses heures perdues quand il ne trouve pas l'inspiration suprême devant Zico un jour de juin 86 à Guadalajara. Les collègues de vestiaires au Balto, la musette dans le nez - chacun son style - le gardien bohème ouvre son coeur et se laisse aller en grandes déclarations pour son amour de la langue et les chansons néo-romantiques. Justement Joël, ça t'as pris comment de jouer au Cabrel du foot ? Une voix ou bien ? « Ce sont les étoiles qui m'ont soufflé les premiers mots ». En même temps, debout sur la transversale, c'est pas pour attendre un péno non plus. Question nase. Joël Bats survole les débats et joue avec les mots, un brin spirituel avec ses cheveux dans le vent : « Si tu veux un conseil, descend de ton échelle ». En plus de se la péter grand-mère à moustache, Jojo fait du Domenech - soli solitude – et prend un peu plus de hauteur. Pas ça qui va l'aider à sortir de l'isolement. Encore un artiste maudit. Incompris. « J'ai voulu t'offrir un verre, histoire d'oublier. Mais tu as refusé, tu es parti, tout seul ». Bah oui, mais tu l'as pris sur un ton aussi. Puis la poésie, bof quoi.


PARIS SG 1985-86. Cartes officielles.