Le dico argo-foot du professeur Migeon (Part 24).


Gérard Migeon traîne une drôle de réputation sur un terrain. Considéré comme un cave dans ses bois, le prince de la toile est un cador des vestiaires. Un fondu de la langue française qui travaille à la craie. « La Mige », son surnom dans la famille du ballon rond, connaît tout des rouages du football: ses vertus, ses vices et les petites formules qui fleurissent au ras du gazon. Le « Titi parisien » de Longjumeau décrypte et flingue le dictionnaire du foot, celui du temps des grandes heures, sur le tableau noir. Avec sa gouaille et sa moustache malhonnête, notre fine gâchette prend la plume et passe au vitriol les expressions du milieu. Et faut reconnaître, c'est du brutal ! Avis aux non-initiés.

METTRE LA SEMELLE :
Donner des coups. Synonyme : matraquer, distribuer, mettre le pied à la gorge.

  • « Salut, bon dimanche et à la semelle prochaine, hihihi. Elle est bonne celle-là, elle est bonne, hihihi. » (Laurent Paganelli, distributeur de vannes cryptées).
  • « De quoi il semelle, ceux-là ?» (Carlos Mozer, à l'endroit des arbitres).
  • « Té, aujourd'hui j'ai encore fait d'une pierre deux coups. Carotide + rouge : mission accomplie. » (Eric Di Méco, poète sur le pré).

  • - Le cas en image -

    Johnny Rep : l'homme de la semelle (caoutchouc vulcanisé) modèle Corinto.

    PARIS S.G 1978-79.


    PARIS S.G 1978-79

    Debouts : Dominique Baratelli, Jean-Marc Pilorget, Thierry Morin, Dominique Bathenay, Jean-Noël Huck, Jean-Pierre Adams.

    Accroupis : Armando Bianchi, Carlos Bianchi, Jean-Claude Lemoult, François M'Pelé, Mustapha Dahleb.

    VENDREDI 13 et les gardiens de but.

    Mazette, c'est vendredi 13 ! Pas trop le jour des frappés de la superstition, malades à l'idée de mettre un pied dehors de peur de rencontrer la poisse au coin de la rue. Mais qu'en est-il des footballeurs, et plus particulièrement des gardiens de buts, un poste ingrat en temps normal, pour échapper au chat noir et au but casquette ? Rencontre avec quelques-uns des meilleurs portiers de l'héxagone de l'époque qui nous livrent leurs recettes pour conjurer la guigne. Heu, sont pas treize à table, non ou bien ?

    Et on commence par DOMINIQUE BARATELLI qui ne se considère pas particulièrement superstitieux. Pas du tout en fait. Juste « quelques habitudes, des repères qui font partie de la préparation psychologique, mais pas de porte-bonheur ni de chiffre préféré. » Doumé avoue cependant qu'il aimait porter des maillots jaunes, surtout en nocturne. Une vielle ruse car, selon le portier international (21 sélections) passé par Nice et PSG, la couleur vive pouvait gêner les attaquants adverses. Malheureusement pour lui en 1984, lors du second tour de la coupe UEFA, les Hongrois de Videoton jouaient avec des lunettes de soleil au Parc des Princes.

    EUGENE BATTMAN, qui a gardé les bois du F.C Sochaux dans la première moitié des 70's, était bel et bien dans le Doubs avant d'aborder une rencontre. « La veille d'un match, je me couchais avec les poules, concède le comic-footballeur très pote avec Robin Huc. Et pour l'échauffement, je voulais toujours arriver le premier sur le terrain. Puis je me signais avant les matchs, mais ça je le faisais en douce. » Et les soirs de victoire à Bonal, il offrait du Joker à l'orange aux copains après la douche.

    Bertrand-Demanes vs Baratelli.

    L'indétrônable gardien nantais JEAN-PAUL BERTRAND-DEMANES fait fi des croyances surnaturelles. Avec lui, pas de chichi ni de gri-gri, car JPxBD l'assure : « Un bon gardien en forme a toujours de la chance ». En vingt ans de carrière, son palmarès cause pour lui (4 titres de champions et 1 coupe de France) malgré quelques boulettes quand même, dont une qui lui reste en travers de la gorge. Un match contre Valenciennes en coupe. Le terrain est gelé et Didier Six tente une frappe lointaine. « J'ai voulu arrêter le ballon pour relancer rapidement, se souvient le grand canari, mais j'ai été trompé par un rebond et il m'est passé entre les jambes... » Pas vraiment un coup du sort, mais plutôt Didier la foudre qui a frappé pour le coup.

    Comme Dominique Baratelli, GEORGES CARNUS aimait aussi porter du jaune. Un maillot de leader comme il le fût à Sainté, Marseille et en équipe de France. Et comme son homologue nantais Bertrand-Demanes, Carnus croit en la chance. « Mais à vrai dire, elle est synonyme de forme. Techniquement et physiquement, il faut être prêt. » Sinon, l'ancien gardien des Verts et de l'OM avait quand même ses petites manies. Comme s'asseoir à la même place dans les vestiaires, en déplacement, quand le résultat avait été bon la saison précédente. Les jours de matchs, il prenait aussi toujours la même nourriture. Des cakes Rocher ?

    Quand il gagne sa place sur le terrain, RENE CHARRIER n'a pas vraiment de rituel. Ou presque. Le gardien de l'OM passé par Sedan et le Paris F.C prend l'habitude de piquer deux sprints dans la largeur de ses 16 mètres. Dans les vestiaires, c'est la même rengaine, il est assis au bout du banc. Et à l'échauffement, il répète les mêmes gestes dans le même ordre. « Je portais également le même tricot sous mon maillot de match depuis 1973, avoue l'éphémère portier des Bleus (2 sélections). C'était celui du gardien de but espoir allemand, échangé à l'occasion d'un France-Allemagne. Ce maillot a tellement servi – au moins deux-cent cinquante matchs – qu'il est aujourd'hui presque en charpie ! » Comme sa carrière internationale qui prend fin après une piètre prestation contre le Portugal à Colombes (0-2, 1975). Charrier encaisse un but-casquette en dégageant un ballon sur Marius Trésor, surpris par la manoeuvre qui profite à Néné, lequel ouvre le score. René est remplacé à la mi-temps par Baratelli et n'aura plus l'occasion de porter le maillot frappé du coq. Il se console alors avec un petit ours en peluche, un porte-bonheur qui l'accompagne dans son sac à gants de rechange. Charrier le dépose toujours à droite, dans le fond des buts.

    « Chaque fois que j'ai joué avec un maillot vert, ça s'est mal passé » gronde JEAN-LUC ETTORI qui n'a pas oublié Bryan Robson et Paul Mariner, ses bourreaux de Bilbao. Sur la fin de ma carrière, j'évitais absolument de porter cette couleur. Tout sauf du vert ! » Mais sa carrière internationale était déjà rangée dans la malle aux souvenirs, après un mondial 82 peu convaincant malgré une demi-finale d'anthologie. En rouge cette fois, mais avec les larmes à la fin quand même. Sauf pour un jeune espagnol peut-être. « Quand on ne perdait pas, je prenais soin de garder la même paire de gants pour la prochaine rencontre, explique celui qui a fait toute sa carrière sur le Rocher. En revanche, si on était battus, j'en faisais cadeau – même s'ils étaient neufs – au premier ramasseur de balles qui passait... » Le beau geste selon Jean-Luc.

    Partout où il passe, GUY FORMICI promène une casquette avec lui. Une vieille habitude qui remonte à son enfance quand il allait voir son gardien préféré, le dimanche après-midi, lequel arborait avec classe son accessoire de mode pour se protéger du soleil. Devenu pro, le gardien passé par Metz, Nancy, Troyes et Montpellier rend hommage à son modèle. « Je la plaçais au fond de mes buts, raconte l'homme des bois aubois. Elle m'a suivi toute ma carrière. C'était devenu mon porte-bonheur. » Un talisman qui ne l'a pas empêché de se retrouver sur le billard plus souvent qu'à son tour. Au total, Guy Formici a subi quatorze opérations durant toute sa carrière. A cause de son jeu spectaculaire et un goût prononcé pour la prise de risque. C'est ainsi que Carlo Molinari, ex-président du F.C Metz qui a connu son protégé alors qu'il avait 14 ans, l'appelait le kamikaze. 

    ANDRE LANNOY, le portier du R.C Lens (1968-76) qui n'a aucun lien de parenté avec le producteur québécois, se sentais comme un orphelin sans son bleu de chauffe. Un peu comme un arbitre sans son sifflet. « Si pour une raison ou une autre je devais porter le vert, lâche le portier sang-et-or, je m'arrangeais toujours pour mettre le bleu en dessous. » Jean-Michel Larqué, lui, s'arrangeait toujours pour mettre ses reprises de volée sous la transversale.

    Au contraire de Carnus et Baratelli, ANDRE REY n'aimait pas le jaune. D'abord parce qu'il a longtemps gardé les bois des Grenats du F.C Metz (1974-80) puis cette couleur lui portait la poisse. « Chaque fois que j'en portais, mon équipe prenait un carton, ou bien c'était la blessure... » A la veille de partir en Argentine pour le mundial 78, alors qu'il est le numéro 1 dans la hiérarchie des gardiens de l'équipe de France, André Rey se casse le poignet au cours d'un décrassage avec son club. La mort dans l'âme, Dédé reste en Lorraine pendant que Bertrand-Demanes lui chipe sa place. Un canari. Sale jaune 

    Le Sochalien ALBERT RUST (qui a fait une pige aussi à Montpellier) ne parle pas de superstition, mais de petites manies. « Je mettais toujours le même tricot sous mon maillot de match, concède le champion olympique (1984). Je posais toujours ma pochette de gants au même endroit, à l'extérieur du but, côté droit. Je jouais le plus souvent en maillot vert, et durant toute ma carrière j'avais une petite poupée en laine dans mon sac. » Et il a toujours tenu à rouler en Peugeot. Allez Sochaux quoi.

    Bulgarie-FRANCE 1971.

    Bulgarie-FRANCE 1971

    Debouts : Djorkaeff, Trésor, Michel, Carnus, Novi, Bosquier.
    Accroupis : Blanchet, G. Lech, H. Revelli, Mézy, Loubet.

    - 4 décembre 1971 -
    Stade Vasil Levski. Sofia. 18.000 spectateurs.
    - qualification championnat d'Europe 72 -
    Bulgarie bat FRANCE : 2-1 (0-0). 
    Arbitre Mr Kurt Tschenscher (Allemagne de l'Ouest).
    Buts : Jekov (47ème), Mikhailov (82ème) pour la Bulgarie. Blanchet (84ème) pour la France.
    Remplacements : Velitchkov par Yonov (46ème), Goranov par Filipov (65ème) pour la Bulgarie. H. Revelli par Floch (60ème), Loubet par Bereta (76ème) pour la France.
    FRANCE : Carnus – Djorkaeff, Michel, Bosquier, Novi, Trésor – Lech, Mézy, Blanchet – H. Revelli, Loubet. Entraîneur : Georges Boulogne.
    BULGARIE : Goranov – Gaydarski, Jetchev, Penev, Velitchkov – Bonev, Kolev, Dermendjiev – Vasilev, Jekov, Mikhailov. Entraîneur : Vasil Spasov.

    Première cape internationale pour Marius.

    - LE MATCH EN PHOTOS -

     
    Marius Trésor et Bernard Blanchet, duo pas gagnant.

    Louis Floch fait flop à Sofia.

    Bernard Blanchet, un but et des désillusions.

    - LE MATCH EN VIDEO -


    A.S NANCY-LORRAINE 1975-76.


    A.S NANCY-LORRAINE
    1975-76
    1/2 finale coupe de France vs Marseille

    Debouts : Jean-Michel Moutier, Carlos Curbelo, Bernard Caron, Jean-Paul Cohuet, Jean Palka, Jean-Pierre Raczinski.

    Accroupis : Olivier Rouyer, Paco Rubio, Ange Di Caro, Michel Platini, Gilbert Dussier.

    FRANCE-Luxembourg 1979.

    - 25 février 1979 -
    Parc des Princes. Paris. 46.988 spectateurs.
    - qualification championnat d'Europe 80 -
    FRANCE bat Luxembourg : 3-0 (1-0). 
    Arbitre Mr Ronald Bridges (Pays de Galles).
    Buts : Petit (38ème), Emon (60ème), Larios (78ème) pour la France.
    Remplacements : Piasecki par Larios (61ème), Berdoll par Pécout (66ème) pour la France. Weis par Reiter (46ème), Zwally par Neumann (73ème) pour la Hollande.
    FRANCE : Dropsy – Battiston, Specht, Trésor, Bossis – Petit, Michel, Platini – Rocheteau, Berdoll, Emon. Entraîneur : Michel Hidalgo.
    LUXEMBOURG : Moes – Meunier, Raths, Rohmann, Margue – Weis, Philipp, Wagner – Dresch, Michaux, Zwally. Entraîneur : Louis Pilot.


    - LE MATCH EN PHOTOS -

    La force tranquille (Michel, Emon et Specht).

    Au charbon (Emon et Trésor).

    Rocheteau en embuscade.

     
    Les hommes du jour (Emon et Larios).

    - LE MATCH EN VIDEO -


    MILAN A.C 1984-85.


    MILAN A.C 1984-85

    En haut : Giunta, Casiraghi, De Solda, Terraneo, Nuciari, Galli, Cimmino, Di Bartolomei.

    Au milieu : Tessari (ent. adj.), Ferrari, Verza, Battistini, Manzo, Liedholm (ent.), Hateley, Virdis, Tassoti, Russo, Colucci (staff).

    En bas : Ribolzi (masseur), Incocciati, Valori, Evani, Carotti, Farina (pdt), Baresi, Wilkins, Icardi, Gadda, Mariconti (masseur).


    PRO CYCLING MANAGER. Vas-y Kéru.


    En bon Breton qu'il est, Raymond Kéruzoré adore le vélo. Normal pour un pays qui a produit des champions tels que Jean Robic, Louison Bobet, Cyrille Guimard ou Bernard Hinault. « Je peux même dire que je suis dingue de vélo, insiste le footballeur maosiste au look de prof de sciences naturelles. Chaque fois que j'en ai la possibilité, je vais assister à une course cycliste. J'y éprouve toujours un énorme plaisir » concède Kéru incollable sur le palmarès du Blaireau et les exploits de ses compatriotes sur le Tour. Et de la passion pour la petite reine à la pratique, il n'y a qu'un pas que le natif de Châteauneuf-du-Faou n'hésite pas à franchir dès qu'il en a le loisir. « Lorsque je suis en vacances, je pratique évidemment avec beaucoup de plaisir ce sport qui est, en Bretagne, aussi populaire et aussi pratiqué que l'est le football » lâche notre cycliste amateur qui n'amuse pas la galerie, la tête dans le guidon et la casquette en arrière, attendant avec impatience le mois de juillet et la caravane de la Grande Boucle. « J'aime aussi le tennis, avoue aussi Raymond-le-flingueur, mais je n'ai pas tellement le temps d'en faire ».  Trop pris sans doute par la Ronde des Korrigans et les critériums locaux. Et puis le tennis on s'en fout, c'est pas le sujet.

    LA FICHE DETAILLEE. Per Röntved.

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    La fiche détaillée par les éditions Rencontre Lausanne
    PER RÖNTVED
    - Le géant au grand cœur  -
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    STADE LAVALLOIS 1977-78.


    STADE LAVALLOIS 1977-78

    Debouts : Raymond Kéruzoré, Bernard Simondi, Christian Roque, Claude Coumba, Hervé Gauthier, Jacky Rose.

    Accroupis : Claude Leroy, Joaquim Martinez, Souleymane Camara, Michel Cougé, Pierre Lechantre.

    HOLIDAYS IN THE SUN. Albert Gemmrich.


    Interviewé dans Football Magazine pour son numéro de rentrée (septembre 1977), Albert Gemmrich dévoile sa passion pour les vacances en altitude. L'air y est frais, l'endroit idéal pour se refaire une petite santé avant le début du championnat. « Je suis allé passer des vacances en Autriche, au-dessus d'Innsbrück près du lieu de la dernière descente olympique » lâche l'attaquant international à un auditoire interdit par l'annonce. Pourtant que la montagne est belle insiste le Strabourgeois, nouvel adepte du gros bol d'air, une méthode chère à son coéquipier Heinz Schilcher, milieu autrichien passé par l'Ajax et Nîmes Olympique. « J'étais avec Schilcher qui m'a fait visiter son pays » claironne l'Alsacien trop content d'avoir un nouveau copain, saisi par la beauté majestueuse du panorama. « La nature était merveilleuse, l'air vif. J'ai fait de longues marches en pleine nature. Quand je rentrais, je mangeais comme quatre et la nuit je dormais, dormais... Dix heures parfois ! » Albert Gemmrich découvre la vie de montagnard, une vie austère éclairée par les petits plaisirs de la journée, en gros bouffe et dodo. On en oublierait presque les kilos superflus. « J'ai peut-être pris des kilos encore que la marche a conservé ma forme », se défend Gemmrich solide comme un bûcheron des Alpes, qui conclut en tapant du poing sur sa jolie table en bois, un souvenir du pays : « Mais ces kilos-là sont faciles à perdre ». Et d'un coup, comme touché par la grâce ou bien des voix venues de la cime d'un sapin, en bon dribbleur Albert détourne le sujet vers la politique. Tel un renard des surfaces qui sent le but, Gemmrich sent aussi les affres d'un futur changement climatique. Le Strasbourgeois veut devenir un citoyen responsable, respectueux de la planète. « On parle beaucoup d'écologie et de retour à la nature. Eh bien, je crois que j'ai été dans le vent ces dernières vacances ! » Là, Albert sort la bouteille de Schnaps, encore un souvenir de vacances, et se lance dans une longue tirade sur les bienfaits de l'alcool de prunes.

    OLYMPIQUE DE MARSEILLE 1978-79.


    OLYMPIQUE de MARSEILLE
    1978-79

    Debouts : Victor Zvunka, François Bracci, Gérard Bacconnier, Michel Baulier, Gérard Migeon, Jean Fernandez.

    Accroupis : Hervé Florès, Robert Buigues, Marc Berdoll, Didier Six, Anders Linderoth.

    HOLIDAYS IN THE SUN. Jean-François Jodar.


    Pour Jean-François Jodar, les vacances c'est en club ! Histoire de faire une piqûre de rappel sur le quotidien du Lyonnais ? Pas du tout se défend Jojo dans les colonnes de Football Magazine en mars 78. C'est d'abord une question de gestion, et un côté très pratique. « Les clubs de vacances résolvent en grande partie les questions d'intendance et de nourriture » concède l'international (6 sélections) formé au Stade de Reims. En gros, pas besoin de s'emmerder à faire les courses en tongs, on mange à la cantine. Trop cool le club ! En plus on peut y faire des rencontres, ajouter quelques noms à son carnet d'adresses. Toujours sympa en cas de besoin. «  J'estime que les voyages doivent aussi permettre de connaître du monde, de s'amuser, poursuit Jojo les mains dans les poches de son training Duarig. Il me semble que les clubs de vacances répondent justement à cette vocation ». Jodar milite et se questionne en même temps sur le choix de sa future destination. En club, bien sûr, « vers les pays du soleil, les pays du bassin méditerranéen par exemple ». Allez, c'est parti, tiens tu réserves maman ?

    Après Jodar en Autriche, Jodar en Banga.

    MATCH REPLAY. Le jour où... Les juniors français deviennent champions d'Europe.

    Le 22 mai 1983, les juniors français sont sacrés champions d'Europe en Angleterre, pays organisateur d'une édition marquée par le sceau de la French Touch classe biberon. C'est un exploit pour les Bleuets qui rejoignent ainsi leurs aînés de 1949, vainqueurs des Pays-Bas à l'époque où ces derniers n'étaient pas encore des « Flying Dutchmen ».

    C'est à Huddersfield, dans le Nord du pays, que débute le parcours des hommes de Gaby Robert. Le 13 mai à Leeds Roads, un vieux stade au style so british, la génération Stéphane Paille évite le piège finlandais et débute la compétition par un succès. Une victoire facile (3-1) obtenue grâce à un doublé de Pascal Guion, un attaquant formé au LOSC, et le prometteur espoir sochalien. Deux jours plus tard à Notthigham, au City Ground, les Bleuets dominent la Belgique et signent un nouveau succès (3-1). Paille inscrit un doublé à son tour. Prissette, encore un gars du Nord, conclue la partie. Quatre points en deux matchs, nos juniors ont déjà leur billet en poche pour les demis avant de rencontrer l'Eire le 17. Pour son dernier match de poule, l'équipe de France se contente d'un petit nul (1-1). Unique buteur de la rencontre, Stéphane Paille – très bien entouré par ses potes de club Jean-Christophe Thomas, Thierry Fernier et Eric Hély – s'illustre une nouvelle fois, et fait la joie de son entraîneur. « Celui-là, s'il s'affirme techniquement, il fera très mal » se réjouit le technicien français assez fier de sa trouvaille. 

    FRANCE-Belgique juniors 1983
    Debouts : Sabonnadière, Degrave, Fernier, Paille, Hély, Reuzeau, Prissette.
    Accroupis : Thomas, Guion, Christen, Fournier.

    Le buteur sochalien, révélation du tournoi, confirme en demi-finale contre l'Italie. Le 20 mai à Stamford Bridge, Paille délivre les siens au cours d'une partie bien cadenassée dans l'ensemble (1-0). L'enjeu dépasse le jeu mais les p'tits coqs sortent la crête droite dans l'antre des Blues. Bien installée à Londres, la relève française est opposée à la Tchécoslovaquie pour la finale. L'événement se déroule à White Hart Lane, la maison des Spurs. Devant une assistance plutôt faible, un peu plus de 4.500 billets se sont vendus, les Bleuets prennent les Tchèques à la gorge. Dès la 7ème minute, le défenseur lavallois Bertrand Reuzeau ouvre le score d'un lob bien ajusté. Les quatre-vingt-trois minutes restantes, l'équipe de France gère en s'appuyant sur une défense de fer – pied de nez à Margaret – et un milieu costaud porté par son capitaine et meneur Laurent Fournier. L'équipe de France s'impose sur la plus petite des marges et l'espoir lyonnais peut fièrement brandir le trophée. Lui et ses copains sont entrés dans la légende. Comme ceux de 49. Ça faisait un bail quand même !

    - 23 mai 1983 -
    WHITE HART LANE. LONDRES. 4.593 spectateurs.
    FRANCE bat Tchécoslovaquie: 1-0 (1-0)
    Arbitre Mr Petrovic (Yougoslavie).
    But : Reuzeau (7ème) pour la France.
    Remplacements : Fréchet par Fernier (61ème), Guion par Fourrier (89ème) pour la France. Soucha par Kollar (69ème), Vrto par Kabyl (41ème) pour la Tchécoslovaquie.
    FRANCE : Sabonnadière – Reuzeau, Prissette, Degrave, Hély – Ribar, Fournier, Fréchet, Thomas – Paille, Guion. Entraîneur : Gaby Robert.
    TCHECOSLOVAQUIE : Pribyl – Stas, Grussmann, Organik, Hornyak – Kukleta, Soucha, Balaz, Vrto – Horvath, Skuhravy. Entraîneur : Mr Kvacek.


    FRANCE-Tchécoslovaquie junior 1983

    Debouts : Hély, Degrave, Prissette, Paille, Reuzeau, Sabonnadière, Fournier.

    Accroupis : Fréchet, Ribar, Guion, Thomas.

    MONTPELLIER-HERAULT S.C 1989-90.


    MONTPELLIER-HERAULT
    SPORT CLUB
    1989-90

    En haut : Gérardy (kiné), Jean-Claude Lowitz, Michel Der Zakarian, Julio Cesar, Georges Frèche (maire), Laurent Blanc, Jean-Jacques Nono, Aimé Jacquet (ent.).

    Au milieu : Albert Rust, Mr Colombo (inspecteur), Franck Lucchesi, Stéphane Paille, Louis Nicollin (pdt), Eric Cantona, Michel Mézy (dir. gén.), Alain Bonnafous, Jérôme Palatsi.

    En bas : Christian Navarro, Jean-Claude Lemoult, Pascal Baills, Daniel Xuereb, Mr Saumade (conseil général), Vincent Guérin, Kader Ferhaoui, Christophe Bentoumi.

    BIO EXPRESS DEGRADABLE. Stéphane Paille (1965-2017).

    STEPHANE PAILLE.
    Il formait un putain de duo avec son pote Canto lors du championnat d'Europe espoirs en 1988. Des deux enfants terribles du football français, il n'en reste désormais plus qu'un seul. Stéphane Paille est décédé ce mardi 27 juin, jour de son anniversaire (il entrait sur ces 52 ans), d'une maladie foudroyante. Sur la touche pour toujours, Stéphane Paille laisse un vide abyssal aux supporters, de bons souvenirs, parfois rock'n'roll, partout où il est passé, notamment son club formateur le F.C Sochaux-Montbéliard.

    Quand il fait ses adieux à Bonal au terme de la saison 1988-89, tout le monde s'accorde ou presque pour voir à l'endroit de Stéphane Paille un attaquant d'avenir. Le joueur est un surdoué formé à l'école sochalienne, véritable bastion de futures stars (Stopyra, Anziani, Sauzée...). Les propositions affluent de toute l'Europe, il choisira celle du cœur. Arrivé dans le Doubs en provenance de Thonon, Stéphane Paille intègre le centre de formation et débute en D.1 à 17 ans au cours de la saison 1982-83. Cette même année, il devient champion d'Europe junior et remporte la coupe Gambardella en 1984 avec une équipe dont il est le capitaine et le meilleur joueur sur le pré. Après le départ de Philippe Anziani à Monaco, le néo-lionceau succède à son ancien coéquipier à la pointe de l'attaque sochalienne. Il a 19 ans, marque 15 buts et termine meilleur buteur de l'équipe (1984-85), un titre honorifique qu'il s'adjuge au cours des cinq saisons suivantes. Paille met le feu à la grange et s'ouvre naturellement les portes de l'équipe de France. Le jeune prodige honore sa première sélection le 10 septembre 1986, au lendemain du mondial mexicain, en Islande. Devenu international, Stéphane Paille ne peut cependant éviter la relégation du F.C.S.M en 1987. Un drame pour le joueur qui craint pour l'avenir : « La division 2, c'est pour nous l'oubli garanti, un enterrement de deuxième classe. Sans parler des guets-apens permanents qui nous attendent. » Sochaux sort haut la main de ce traquenard et remonte dans la foulée (1er, 61 pts, 27 victoires, 3 nuls, 2 défaites, 97 buts pour, 17 contre). C'est un récital offensif qui mène par ailleurs les Lionceaux en finale de la coupe de France, malheureusement perdue aux tirs au but contre Metz (1988) . Déçu mais pas touché, Stéphane Paille se rattrape en devenant champion d'Europe avec les espoirs, sacré par ailleurs meilleur joueur français.


    Malgré un statut de promu lors de la saison 1988-89, Sochaux garde le même rythme que l'exercice précédent et termine au pied du podium (4ème). Stéphane Paille inscrit 15 buts mais il est temps de partir voir ailleurs. Toute l'Europe est séduite par l'avant-centre doubiste, mais ce dernier opte pour Montpellier afin d'y retrouver son copain du service militaire Eric Cantona. Un mauvais choix qui annonce son déclin. Stéphane Paille reste seulement quatre petits mois dans l'Hérault. Montpellier, avec Aimé Jacquet aux commandes, ne décolle pas et Paille part pour Bordeaux en novembre 89. En Gironde malheureusement, il cire trop souvent le banc et perd sa place en équipe de France. Son compteur reste ainsi bloqué à huit sélections (1 but, contre la Tchécoslovaquie). Stéphane Paille traverse alors les années 90 comme une âme en peine, balloté entre Porto (1990-91), Caen (1991-93) alors qu'il espérait un retour à Sochaux, de nouveau Bordeaux (1993-94) puis des piges à Lyon, au Servette, à Mulhouse et une fin de carrière à Heart of Midlothian (1996-97) en compagnie de l'ancien portier sochalien Gilles Rousset. Une deuxième partie de carrière en dents de scie, à l'image d'un moral bien souvent en vrac à cause d'une vie dissolue, bercée par les excès et les abus artificiels. Une vie d'artiste pour conclure.


    LILLE O.S.C 1975-76.


    LILLE OLYMPIQUE
    SPORTING CLUB
    1975-76
    1/32è de finale coupe de France vs USM Malakoff

    Debouts : Alain de Martigny, Antoine Gianquinto, Serge Besnard, Bernard Gardon, Thierry Denneulin, Jean-Noël Dusé.

    Accroupis : Christian Biard, Patrick Parizon, Michel Mézy, Christian Coste, Stanislas Karasi.

    LA FICHE DETAILLEE. Patrice Rio.

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    La fiche détaillée par les éditions Rencontre Lausanne
    PARTICE RIO
    - Le fils de Roger  -
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    F.C METZ 1975-76.


    F.C METZ 1975-76
    1/2 finale coupe de France vs Lyon.

    Debouts : André Rey, Joël Delpierre, André Coustillet, Joël Muller, Fernand Jeitz, Patrick Battiston.

    Accroupis : Patrick Rémy, Claude Hausknecht, André Betta, Hugo Curioni, Nico Braun.

    HOLIDAYS IN THE SUN. Nico Braun.


    Ah, les vacances à l'inter-saison, le soleil, les nanas qu'on va se foutre jusque-là. Tout un programme pour les footballeurs en villégiature aux quatre coins du globe. Sauf pour Nico Braun, bloqué en Moselle pendant l'été 77. « Je suis resté à Metz chez moi, entame l'attaquant luxembourgeois des Grenats. Je me suis promené, j'ai eu la raison ? ». Mais ça on sait pas Nico, dis-nous pourquoi tu as eu la raison en fait. « Ma femme était enceinte. Depuis la fin juillet, je suis père d'un fils, Gordon. Je n'ai pas pris de vacances, mais je ne regrette rien » lâche le Messin, la mâchoire serrée et les dents qui grincent. Sans trop s'attarder, les journalistes quittent la demeure de l'international made in Luxembourg.
    - Bon bah, désolé pour la visite, en espérant ne pas avoir été trop rasoir avec nos questions.
    Là, Nico sort la 22, un peu à cran quand même.

    F.C UTRECHT 1981-82.


    F.C UTRECHT 1981-82

    Gardiens :
    Jan Stroomberg, Hans van Breukelen.

    Défenseurs :
    Ton de Kruyk, Ton du Chatinier, Gerard Tervoort, Koos van Tamelen, Herman Verrips.

    Milieux :
    Frans Adelaar, Wim Flight, Gert Kruys, Ron Steenhart, Jan van den Akker, Gerard van der Lem, Jan Wouters.

    Attaquants :
    Willy Carbo, Bert Gozems, Jan Monster, Harry van den Ham, Leo van Veen.

    Entraîneurs :
    Han Berger
    Ton du Chatinier (ent. adj.).


    DOMINIQUE ROCHETEAU session.


    A la veille de la fête de la musique, The Vintage Football Club se penche sur un cas très particulier qui a traversé les années 70-80 sous le pseudo de « l'Ange vert », surnom pas très catchy pour un gars branché sur les amplis Manhattan et le son made in USA. La musique, c'est un mode de vie pour Dominique Rocheteau, bercé depuis sa tendre jeunesse par les pop-songs des Fab Four et qui, au fil des ans, étoffe sa soif de connaissances musicales par le biais de ses voyages à l'étranger, des copains et la lecture de Rock'n'Folk. A l'aube des 80's, l'attaquant bouclé serait presque incollable sur les styles et les genres, à l'image d'un chroniqueur spécialisé, et revient sur sa passion et ses goûts hétéroclites. So Dominique « sonic » Rocheteau.

    La musique représente tout pour le footballeur bohème frisé comme Robert Plant. « Je vis constamment avec elle. Et depuis longtemps, avoue t-il pour commencer. Quand j'avais 10-11 ans, c'étaient les BEATLES » poursuit l'ancien vert, influencé par le groupe de Liverpool et sans doute son idole, George Best, un Mancunien surnommé le cinquième Beatles. A l'adolescence, le futur Stéphanois s'encanaille et opte pour le gros son hard-rock. « J'ai été séduit par une musique plus dure, celle de LED ZEPELLIN et DEEP PURPLE ». Dominique Rocheteau trouve dès lors un style capillaire en choisissant la branche dure du rock anglais. Une période cornes du diable qui dure cependant un temps, avant de découvrir une « musique plus évoluée, le country-folk à base mélodique. C'était la musique californienne ». Et des noms qui pleuvent dans la bouche de l'intéressé : AMERICA, POCO, EAGLES ou encore IAN MATTHEWS, un Anglais sous influence California dream. Plus tard, à force de creuser les sillons, ses influences portent plutôt vers JACKSON BROWNE et PAT BENATAR puis vers la new-wave de l'époque avec THE PRETENDERS et Chrissie Hynde en tête de gondole. 

    Néanmoins, Dominique Rocheteau ne renie pas les vieux classiques et cite sans ciller BOB DYLAN, GRATEFUL DEAD ou le JEFFERSON AIRPLANE. Paul Kantner, c'est la bière qu'il faut au lointain sosie de Julien Clerc, surtout en période de spleen. « La musique que j'aime entendre est souvent fonction de mes états d'âme, confesse t-il. Je sais qu'après certains matchs de coupe d'Europe avec Saint-Etienne, je ne parvenais jamais à trouver le sommeil et je passais la nuit entière à écouter de la musique ou à taper sur ma batterie. Dès que j'ai pu avoir un peu d'argent, je me suis acheté une super chaîne hi-fi avec d'énormes enceintes. C'est la raison pour laquelle j'ai toujours voulu habiter dans des demeures isolées ». Pour profiter un maximum des décibels, tel un teufeur de l'époque, comme il le faisait dans son chalet de Saint-Héand lorsqu'il jouait à Sainté ou à quinze bornes de Saint-Germain-En-Laye quand il évoluait au PSG.

    Le Rock, c'est toutafond !
     (Dominique Rocheteau).