HOLIDAYS IN THE SUN. Júlio César.

Pour Júlio César, Montpellier c'est veni, vidi, vici St-Yorre.

Sitôt arrivé à Montpellier, Júlio César se sent déjà comme chez lui. Faut dire aussi que lors de son arrivée en France au lendemain de la coupe du Monde 86, le Brésilien avait choisi Brest, sa rade, son tonnerre et Christophe Miossec, 22 ans à l'époque et déjà plein comme une barrique. Lorsqu'il débarque dans l'Hérault après une saison passée en Bretagne où monsieur fait sa star en réclamant une tablette de chocolat avant chaque match, l'exilé retrouve les bonnes sensations du pays. Plage, hamac, ciel bleu et... Loulou Nicollin qui s'est fendu d'une Porsche pour accueillir sa nouvelle recrue. Laquelle s'explique sur son choix : « J'ai opté pour Montpellier car la vie y est poubelle qu'à Marseille ». Le président et son entraîneur Michel Mézy sont aux anges, conquis par la fraîcheur du natif de Bauru. « C'était le village de Pelé » insiste Júlio qui tient à rendre Edson ce qui appartient à César (ou l'inverse). Bref. D'ailleurs au VFC, on ne savait pas que le Roi Pelé était né à Bochum (ou alors serait-ce une erreur d'interprétation). Allez, on prend un deuxième Ricard avec le défenseur qui nous raconte sa life en quatrième vitesse et sa passion pour les sports mécaniques, juste avant de rejoindre la place de la Comédie où ses nouveaux partenaires attendent pour lui souhaiter la bienvenue. Et un petit bizutage en prime. Júlio César est obligé d'enfiler une toge et de faire le salut romain. L'humour pailladin. Paillard aussi un peu. C'est con, c'est vintage, c'est football et c'est cloube.

Un gars qui enterre sa vie de garçon.

URSS 1977.


CCCP 1977.
Tunisie-URSS
- 20/3/1977 -
Debout : Olshansky, Novikov, Maksimenkov, Degtyarev, Konkov, Blokhine.
Accroupis : Lovchev, Minaev, Troshkin, Fedorov, Onischenko.
(Thanks to my Ukrainian friend Vitali).

CLAUDE WARREN. Sa vie avec Footy le coq.

De Footy, Claude Warren garde un souvenir amer. Celui d'une relation un peu contre-nature. Le ventriloque-marionnettiste, lauréat du premier prix national de ventriloquie en 1970, préfère botter en touche et se racler la gorge quand on évoque sa collaboration avec la mascotte officielle de l'équipe de France de football, un goût de pastis un peu trop anisé au fond des amygdales. « Cet épisode-là n'aura pas particulièrement marqué ma carrière, étant à mon avis un peu trop commercial ». Le Cloclo de la magie est un vrai. Il évolue dans les réseaux underground de la profession, plus habitué à animer des galas dansants, les spectacles de Noël à la crèche ou les maisons de retraites qu'à fréquenter le gratin du showbizz ou du sport, et souffre de revenir sur sa période fric, strass et paillettes avec son binôme, ce « curieux animal » comme l'avait ainsi baptisé Thierry Roland sur le plateau de Stade 2. La télé, les passages radio avec Achille le canard, son premier copain de scène, et Dandy le caniche qui succède à Footy, Claude Warren en a soupé. Surtout à cause du foot et du mundial argentin. « Footy le coq [a été] adopté officiellement en 1978 par le onze de France pour la coupe du Monde en Argentine, se rappelle magic Warren, les Tricolores en ayant fait leur mascotte ». A priori un super tremplin pour celui qui a quand même déjà fréquenté le gotha des artistes, et pas des moindres : Brel, Sardou, Guy Lux, Rika Zaraï..., la tribune présidentielle du vieux Parc en gros. Mais Super Mario-nettiste n'est pas dupe et sent le coup pourri et l'aspect mercantile de l'affaire. Un coup foireux par ailleurs. Les Bleus sont éliminés dès le 1er tour et les sketches du duo tombent à l'eau. « Non pas à cause de la qualité de ces derniers, tempère son ami-journaliste Jean-François Laurent. Mais parce que la façon d'utiliser le volatile et son partenaire qu'avaient certains présentateurs des matches donnait un peu trop l'aspect commercial qui ne sied pas toujours à grand monde ». Euh des noms ? Pfff... Rien. Pas plus d'explications non plus sur l'exploitation commerciale de nos deux compères. L'histoire tourne au vinaigre mais au fond, Claude n'en veut pas à son poulet. Et de se rappeler les bons moments accompagné de son coq. La bande à Platoche adorait au point de faire un disque avec la nouvelle star (J'aime le football, Footy et la bande à Hidalgo), les adversaires des Bleus kiffaient. Tout le monde était fou de Footy depuis sa présentation officielle au Parc des Princes le 1er avril 78 à l'occasion d'un France-Brésil (1-0). L'œil qui brille un peu, Claude Warren se souvient avec nostalgie. « La Marseillaise sur la pelouse, avec mon coq dans les bras quand fut donné le coup d'envoi de France-Brésil, c'était un moment fabuleux » avoue encore aujourd'hui l'artiste. Le seul d'une carrière précoce et sans lendemain pour le pauvre volatile qui gît dans la malle aux souvenirs. Depuis, Claude Warren promène son caniche dans sa valise de spectacles en réunions tupperware. Et s'en bat les ailes de poulet ce foutu esprit commercial tout en gardant en tête les premières strophes de son single avec les Bleus : « J'aime le football, c'est rock'n'roll ». Beautiful loser...


HOLIDAYS IN THE SUN. Henri Michel.


Été 76, Henri Michel n'ira pas dans le Sud rejoindre son ancien entraîneur José Arribas, parti à l'O.M durant la trêve estivale. Ou plutôt si, le patron des Canaris a pris l'autoroute du soleil pour se retrouver à la Tour de Mare, une coquette villa du côté de Fréjus, pour y passer quelques jours de détente. Au programme de l'international français : loisirs, farniente et repos en famille et avec les copains (et les enfants des copains). Henri Michel profite ainsi des petits plaisirs de la vie avec sa fille Caroline, et de la piscine par ce temps caniculaire. L'occasion de poser aussi pour la photo-souvenir en compagnie de Reynald, le fiston de Jean, mais y a aussi Paul, Bertrand et Demanes. C'est beau comme un film de Sautet et rafraîchissant comme un chewing-gum au mentol.

Toujours à jouer avec un ballon, même en vacances.