ROCK ACTION. Glenn and Chris: diamants pur(in)s.


En 1987, Chris Waddle, précurseur d'un style capillaire teinté de réalisme allemand et du glamour british à la Bowie circa « Diamond dogs », et son coéquipier Glenn Hoddle qui ira poser ses valises à Monaco pour ne pas payer d'impôts (du Joe Dassin dans le texte), squattent les ondes avec leur single « Diamond lights » produit par un certain Bob Puzey, le pseudo du solide défenseur autrichien Bruno Pezzey en fait. Un titre à ne surtout pas confondre avec le mini-lp du même nom réalisé par le groupe heavy-metal Diamond Head - décidément les diamants sont éternels - sorti six ans plus tôt. Personne ne s'y trompe d'ailleurs. Si les hardos se produisent dans les fêtes satanistes à l'affluence confidentielle, Glenn et Chris cartonnent au contraire et placent leur hit pop-indus-new-wave (et vice et versa) à la 12ème place des Charts anglais. Conséquence d'une campagne promo placée sous le charme du duo au look branché, photo à l'appui, et de quelques apparitions TV dont la célèbre émission Top of the Pops, le « Champs-Elysées » version in de l'autre côte de la Manche. Surfant sur la vague du succès, Glenn et Chris enchaînent ensuite avec un deuxième single au titre prémonitoire « It's goodbye ». C'est le bide pour notre Chris de Burgh-la-Reine qui se laisse par la suite pousser le mulet comme les Musclés. Quant à Glenn Hoddle, il voit des flashes pour la vie depuis sa rencontre avec Steph' de Monac' sur le Rocher. Triste sort.



STOKE CITY 1971-72. By Soccer stars.


STOKE CITY 1971-72.


FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. Terry Conroy.


TERRY CONROY.
Surnommé « cannes blanches » par ses fans, Terry Conroy devient le leader naturel du groupe qu'il intègre à la fin des 60's, the St(r)oke(s) City, en virant Julian Casablancas à grand coup de pompes dans le train. L'Irlandais ne fait pas de manière avec ses cheveux mi-roux mi-orange comme son ampli, et devient l'icône d'une jeune génération bercée par le do it yourself, les trois accords plaqués sur le manche et le jeu tout en barré. Un mouvement est en marche et Terry Conroy suit la mode en crachant à la gueule des vieilles idoles. Une vraie PIL électrique sur le pré qui allume les projecteurs des clubs miteux jusqu'à ce jour béni de mars 72. « White legs » signe un contrat en or avec un promoteur de concert londonien et se produit sur la scène de Wembley bien avant Queen et son régime fasciste. Terry la bête du diable et ses potes (les Potters in English, le surnom de Stoke City) niquent Chelsea et lui chopent la tête d'affiche. Le buzz de l'année puis retour aux productions plus underground avant le split en 1979 au moment où l'autre rouquin de John Lydon sort « Death disco » avec PUBLIC IMAGE LIMITED. Conroy crame alors la strato et s'achète une perruque afro en revendant des K7 pirates du « League Cup '72 live » sous le manteau, histoire de descendre quelques pintes ambrées. Pour lui, la musique c'est fini. La Ford Capri aussi.

A la tienne, mon salaud !


BRISTOL CITY 1978-79. By Panini.


BRISTOL CITY 1978-79.



BIO EXPRESS DEGRADABLE. Chris Garland.

CHRIS GARLAND.
Si Chris Garland porte un nom à faire du cinéma, sa vie est loin d'être un long fleuve tranquille. Né à Bristol le 24 avril 1949 à deux pas du stade Ashton Gate, Chris rêve comme tous les gamins de son âge de revêtir un jour les couleurs de City, son trip (hop) à lui. Un vœu qu'il réalise à 16 ans lorsqu'il intègre son équipe de cœur en 1965 et pour laquelle il jure fidélité et loyauté jusqu'à la fin de sa carrière malgré quelques années d'errance à Chelsea (1971-74) et Leicester (1974-76) où il n'inscrit pas la moindre ligne à son palmarès, hormis peut-être une finale de League Cup perdue avec les Blues (1972) contre Stoke City. De retour à la maison en 1976, Chris Garland vit alors un véritable comte de fée. Bristol City, englué depuis près de 65 ans dans les divisions inférieures, accède à la première division et défend modestement sa place parmi l'élite jusqu'à ce que l'histoire tourne au cauchemar pour les « Robins ». A partir de 1980, le club est en perte de vitesse mais établit tout de même un petit record de descente - trois relégations successives - qui le pousse à la faillite en 1982. Bon prince et pour soulager les dettes de City, Chris Garland, qui fait partie des plus gros salaires de l'équipe, déchire alors son contrat et est licencié du club en février 1982 pour sauver celui-ci d'une mort certaine, accompagné par sept autres de ses partenaires (Julian Marshall, Jimmy Mann, Peter Aitken, Geoff Merrick, David Rodgers, Gerry Sweeney et Trevor Tainton). Baptisés les « Ashton Gate Height », Garland et ses potes évitent ainsi la banqueroute de leur équipe en se collant dans un pétrin personnel et familial. Aperçu ensuite à Gloucester City et Minhead où il termine sa carrière dans l'anonymat des championnats amateurs, Chris Garland accumule alors les bad trip et les casseroles. Divorce, chômage, faillite, addiction aux jeux, des affaires dans le commerce des fruits et légumes et plus tard dans le vin qui tournent au vinaigre, Chris Garland, au bord du suicide, connaît une véritable descente aux enfers jusqu'à devenir SDF et dormir un temps dans la rue. A côté, Bertignac et Cendrillon, c'est du soap pour les pucelles. En 1998, alors que la France est en proie à la folie black-blanc-beur, Chris Garland apprend qu'il est atteint de la maladie de Parkinson et se bat depuis contre le mal. Il publie une biographie en 2008 « A life of two halves » où il revient sur ses déboires et avoue, peu rancunier avec la vie, « être plus heureux maintenant [qu'il] ne l'a jamais été » tout en reprenant des fraises au dessert.

AFC WIMBLEDON 1986-87. By Daily Mirror soccer album.



La grosse cylindrée de VINNIE JONES et l'AFC WIMBLEDON.

A Wimbledon, on aime bien le sport hippique en plus du tennis.

A Wimbledon, les bœufs ne tirent pas la charrue, ils sont dessus. La campagne publicitaire du sponsor de l'équipe, la brasserie Truman, au début de la saison 1986-87 ne manque pas de sel(le) comme le pauvre bourrin réquisitionné pour l'occasion. Une initiative plutôt maladroite qui pointe par là les carences techniques de l'effectif londonien emmené par un Vinnie Jones (à l'extrême gauche) alors au début de sa carrière et un peu gauche, semble t-il, pour tâter de la pouliche. Avec quelques pintes dans le nez, l'affaire devrait être conclue rapidement et Vinnie de se consacrer à son activité favorite : la mise en bière de ses adversaires sur le champs. Une spécialité devenue slogan par la suite. Qui a dit que la pub était souvent mensongère ?

MANCHESTER UNITED 1978-79. By Panini.


MANCHESTER UNITED 1978-79.



F.A CUP FINAL 1979. Arsenal vs Manchester United.

Wembley Stadium, Londres.
12 mai 1979.
99.219 spect.
ARSENAL .................. 3 (2)
MANCHESTER UTD ... 2 (0)
Buts:
Talbot (12ème), Stapleton (43ème), Sunderland (89ème) pour Arsenal.
McQueen (86ème), McIlroy (88ème) pour Man United.
Arsenal:
Jennings; Rice (cap.), Nelson, O'Leary, Young; Talbot, Price (Walford, 83ème), Brady, Rix; Sunderland, Stapleton.
Manchester United:
Bailey; Nicholl, Albiston, McQueen, Buchan (cap.); McIlroy, Macari, Coppell, Thomas; Greenhoff, Jordan.

ARSENAL 1978-79.


MANCHESTER UNITED 1978-79.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Alan Sunderland.

ALAN SUNDERLAND.
Alan Sunderland a eu un bol monstre de naître le 1er juillet 1953 à Conisbrough de l'autre côté de la Manche. En France, il aurait pu devenir Alan Sochaux ou Valenciennes ou Alan avant Guingamp, ce qui est pire. Pas très rock'n'roll (quoique Sunderland....) surtout quand on se tape la perruque de Marie-Paule Belle sur la tête. Un look sea, sex and sun...derland qu'il promène dans le Royaume d'abord chez les Wolves de Wolverhampton (1971-77) - Alan est un sacré loup-loup sur et en dehors du pré - puis à Arsenal (1977-84) et enfin à Ipswich Town où sa carrière prend un sérieux coup de froid (1984-86) avant de se gripper à Derry City. Pas le meilleur moyen pour un Anglais de passer une retraite paisible après un parcours professionnel identique. Alan Sunderland est un homme de coupe - il le porte d'ailleurs bien sur lui - et remporte les seuls trophées de sa carrière dans cette catégorie: la League Cup avec Wolverhampton Wanderers (1974) et la FA Cup avec Arsenal (1979). Le plus beau jour de sa vie puisque c'est lui qui coiffe Manchester United au poteau. Une victoire au mérite pour l'attaquant frisouillé, récompensé par une seule et unique sélection avec les Three Lions - le 31 mai 1980 contre l'Australie - qu'il honore la crinière au vent. Après ça, Alan se frise la moustache et ouvre un pub à Ipswich puis file à Malte pour entamer une carrière d'entraîneur et remettre de l'ordre dans ses idées.

Mort Shuman chez les Gunners.

ARSENAL 1969-70. By Soccer stars in action.

FAN PICS. Arsenal.

Visiblement, Jarvis Cocker en pince pour le boring Arsenal.

F.C UNION BERLIN 1978-79.


F.C UNION BERLIN 1978-79.

Punks et hooligans à Berlin-Est.


La RDA a beau être sous le protectorat du grand frère soviétique et sa capitale protégée par un mur antifasciste, sa jeunesse n'en demeure pas moins hermétique aux mœurs dépravées et à l'agitation qui secoue la société occidentale. 1977, le punk provoque un véritable séisme culturel en Angleterre. L'onde de choc traverse la Manche et se propage partout en Europe jusqu'à semer le trouble dans le bloc d'à côté. A Berlin-Est, les premières crêtes apparaissent dans le quartier de Köpenick, situé au sud de la ville. Une bande de potes qui se réunit au Plänterwald, un club de Treptow où l'on passe de la musique suffisamment dérangeante pour attirer l'attention de la Stasi, peu coutumière à laisser se répandre quelconque mouvement contestataire comme le raconte Jürgen Breski, agent opérationnel à l'époque et spécialiste du mouvement punk à Berlin-Est : « J'ai été recruté à 18 ans dans le régiment Feliz Jachinsky […] et c'est comme ça que je me suis retrouvé dans la division 20. Il y avait différents services. J'ai atterri dans le service 2 qui était chargé entre autres du travail auprès de la jeunesse. Il était chargé de veiller à ce que les supporters de foot restent tranquilles et il s'occupait aussi de ceux qu'on appelait les groupes marginaux […] dont les punks faisaient partie. Avec la scène heavy-metal, les skins et toute la scène d'extrême-droite, dont les supporters de foot. Tout ce qui se développait à l'époque, en fait ». Le régiment Feliz Jachinsky, en hommage au fondateur de la Tchéka, c'est la garde rapprochée de l'Etat et ses dirigeants qui ont l'œil sur tout. Sur les keupons de Köpenick comme sur les supporters de l'équipe du quartier, le F.C Union Berlin, dont les plus virulents versent dans le hooliganisme. Encore un modèle importé de l'Ouest qui crée la pagaille dans les bureaux de la section 2 et des rivalités sportives au sein de la communauté. Michael Boehlke ou « Pankow » pour les intimes - son surnom provient du quartier où il crèche - ancien chanteur du groupe Planlos est au micro : « Au début des années 80, les punks s'entendaient encore avec les gars du BFC, les supporters du club de foot de Berlin-Est, « Dynamo ». Mais les deux clans ne tardèrent pas à s'affronter, la plupart du temps sur Alexanderplatz. Et là, il fallait avoir choisi son camp. Désormais de nouveaux clans se créaient: clubs de foot vs punks, hooligans de l'Union vs hooligans du BFC. Vos potes d'hier pouvaient vous tomber dessus du jour au lendemain »*. Berlin-Est se met à l'heure des villes occidentales et devient une place forte du hooliganisme made in DDR. En cause, la haine partagée entre les fans du Dynamo et de l'Union. Une rivalité qui prend racine au sommet de l'état. Le « Dynano » est soutenu par le Ministère de l'Intérieur et la Stasi. Autant dire pas le club le plus aimé du pays qui enrage sur les mesures prises en haut lieu pour favoriser la domination des protégés d'Erich Mielke, lequel pratique le pillage systématique des meilleurs joueurs du pays. La méthode est agressive et élimine les opposants pour la conquête du titre. Plus modeste le FC Union, l'autre club de la capitale parrainé par l'union des syndicats, apparaît quelconque à côté du grand rival pistonné et tente de survivre avec un palmarès qui se résume à une ligne (coupe de RDA 1968). Les prolos de l'Union subissent la loi des indicateurs sur le terrain et dans les couloirs de la fédé, alors on règle les comptes dans les tribunes pendant les derbies entre les freaks de l'Union et les « brutes épaisses du BFC » toujours d'après Pankow, dont la plupart des membres, très violents, appartiennent à l'extrême-droite. Encore un fléau qui touche le socialisme paternaliste du père Honecker qui observe les affrontements d'un air presque amusé. A se dire que finalement, la RDA, c'était pas si chiant que ça en fait. Pas vraiment à l'abri des courants de la jeunesse en manque d'identité qui s'inspire du modèle britannique en dégueulant sa haine dans les trains et au stade, la musique punk des Namenlos, Alternative 13, Rosa Beton, et les autres groupes du coin en bande sonore. La version nihiliste et no future du marxisme-lénisnisme d'une république pas si tranquille que ça derrière son rideau de fer.

* Tous les propos sont recueillis dans l'excellent ouvrage de Michael Boehlke & Henryk Gericke: "Too much future - le punk en république démocratique allemande". (ed. Allia).



MAILLOT DE LEGENDE. SG Dynamo Dresden.

Peut-être le club le plus populaire de la très disco RDA, auréolé de 15 titres nationaux acquis pour la plupart durant les années 70-80. Le SG Dynamo Dresden domine le football est-allemand dans les cœurs et sur le terrain. Et pourtant rien ne lui est épargné depuis sa création en 1950 sous le joli sobriquet de SG Deutsche Volkspolizei Dresden. Tout un programme. Patronné par la police, le club est sous le contrôle de la Stasi par la suite et Dynamo remplace DV (1953). Des premiers titres - coupe (1952) et championnat (1953) - qui font des envieux du côté de Berlin-Est. Erich Mielke, le boss de la pas très Hawaii police d'état locale, supporte un autre Dynamo. Le sien: Berlin. Le plus haï du pays. L'emploi de certaines méthodes certainement. Mielke ne supporte pas la domination de Dresde pendant que son équipe rame. Il transfert tous ses joueurs vers son club (1954). Ostalgie, nostalgie. Le Dynamo de Dresde vire dans l'ombre et reprend des couleurs - jaunes et noires - au début des 70's. L'équipe truste les premières places au palmarès en remportant cinq championnats de 1971 à 1978 et deux coupes nationales (1971, 77) quand Mielke s'acharne une fois de plus sur l'équité sportive en pratiquant la manipulation d'une compétition désormais truquée au profit du Dynamo Berlin, qui aligne dix titres consécutifs (de 1979 à 88) ! Dresde ramasse les miettes et se console avec la coupe (1982, 84 et 85). Puis le mur tombe à l'Est. Le SG Dynamo Dresden participe un peu à la fête et s'offre le doublé coupe-championnat (1990). L'esprit de liberté certainement.

SG DYNAMO DRESDEN 1978-79.

FRANCE-Real Madrid 1975.


FRANCE-Real Madrid 1975.
Debout : Trésor, Adams, Bracci, Baratelli, Guillou, Domenech.
Accroupis : Rocheteau, Michel, Molitor, Larqué, Emon.

IDENTITE NATIONALE. La fiche Edf de... Jean-Marc Guillou.


Première sélection ?
Le 23 mars 1974 contre la Roumanie, la patrie de Stefan Kovacs - notre sélectionneur - dans un Parc presque bondé pour l'occase. Vu la qualité de jeu offerte à l'époque, c'est plutôt pas mal même si Kovacs a fait venir la moitié de sa famille. Les 20.000 spectateurs assistent à notre victoire (1-0) et aux débuts internationaux de Christian Dalger et Albert Vanucci qui n'ira pas plus loin que ses deux capes avec les Tricolores.

La der ?
Le 2 juin 1978 contre l'Italie en coupe du Monde. Un but de Lacombe alors qu'on vient à peine d'enfiler nos shorts. Tout le monde connaît la suite, on perd 2-1 et nos illusions en même temps. Dalger est toujours là. Plus pour longtemps. Lui aussi connaît ses dernières heures sous le maillot bleu.

Fait marquant en Bleu ?
Toujours contre l'Italie en Argentine. C'est mon seul et unique match de coupe du Monde. Plutôt balèze pour un type issu du SCO Angers. Comme Kopa. Mais je n'arriverai jamais à sa cheville. Lui c'est le roi. Moi j'évolue au stade du Ray !

Anecdote ?
La première fois que j'ai été appelé en équipe de France, contre la Grèce le 8 septembre 1973, je ne suis pas rentré en jeu. J'attends toujours des explications. Déjà qu'on me sélectionne à 29 ans bien tapé. Ce ne sont pas des manières. Aucun respect des anciens. Comme quoi rien n'a vraiment changé en équipe de France. Et c'est pas " Le Président " qui dira le contraire avec ses p'tits branleurs.


L'équipe du dimanche après-midi. OLYMPIQUE AVIGNONNAIS 1975-76.

OLYMPIQUE AVIGNONNNAIS 1975-76.
Debout : Gallina, Desremeaux, Galateau, Perles, Jean, Joly, Gilles, Bourrier (ent.).
Accroupis : Pech, Louis, Leroy, Chazaretta, Castellan, Dortomb, Herbet, Giordani.

Crée en 1931 sous le nom de AS Avignonnaise et rebaptisé par la suite Olympique (1965), l'Olympique Avignonnais accède pour la première fois de son histoire en première division au terme de la saison 1974-75 après des barrages épiques contre le F.C Rouen (3-0 / 0-2). Pour préparer au mieux son baptême parmi l'élite, l'Olympique Avignonnais met le paquet sur le recrutement : René Gallina, Michel (Del)Pech, Jean-Pierre Giordani, Michel Joly et l'Argentin Chazaretta.

Des renforts de poids pour Marc Bourrier, l'entraîneur à l'époque, dont l'objectif principal est « le maintien et j'espère que nous y parviendrons ». Marco a le moral mais s'il ne doute pas de la qualité de son effectif, c'est la quantité qui lui pose problème. La saison risque d'être longue avec une équipe réduite à une peau-de-chagrin : « Si nous avions deux ou trois joueurs de plus, ce serait mieux. Nous avons 15 pros, ça me paraît un peu juste ». Bah oui, mais faudra faire sans. Tant pis. Marc mise alors sur la jeunesse de son équipe, « la moyenne d'âge est de 27-28 ans » dit-il, un brin d'herbe entre les dents, pour mettre le feu au championnat et jouer les trouble-fête. Tout ça dans l'esprit du beau jeu : « Nous venons de la D2 où le jeu était quand même assez dur. Il va nous être plus facile de nous exprimer en D1. J'aimerai bien que le football soit tourné beaucoup plus vers l'attaque car je suis amoureux de l'offensive ». Une déclaration qui n'est pas suivi d'effets, et ne se traduit malheureusement pas sur le terrain au coup de sifflet de la saison 1975-76.

Les défaites se suivent et l'équipe ne tourne pas rond. Le bilan est catastrophique : sept malheureuses victoires, six petits nuls et vingt-cinq branlées. Un peu la bérézina pour l'A.O qui peine à inscrire trente buts quand elle en prend quatre-vingt dans l'autre sens. Pour un football tourné vers l'attaque, Marco se colle un doigt dans l'oeil comme il se plante lorsqu'il évoque le choix du prochain sélectionneur : « Je crois qu'un homme comme Albert Batteux est le plus apte à assurer la succession de Stefan Kovacs ». Avignon termine évidement bon dernier (20 pts), Marc Bourrier s'en va, malheureux aux pronostics et au (beau) jeu, et cède sa place à... Albert Batteux (1976-77) pour redresser la barre de l'O.A. Le club abandonne le statut pro en 1981 et dégringole les divisions. Arles-Avignon, le rival du palais des Papes Diouf, accède par la suite à la Ligue 1 quelques 30 ans plus tard pour y connaître un parcours similaire à son voisin. Encore un sacré coup de théâtre pour les supporters locaux et les amoureux du foot.

STADE de REIMS 1974-75.


STADE de REIMS 1974-75

Debouts : Aubour, Brucato, Krawczyk, Ravier, Jodar, Masclaux, Laraignée.

Accroupis : Santamaria, Bianchi, B. Lech, Simon.

HOMONYMES OLYMPIQUES et destins (à tirs) croisés. César Laraignée et Spiderman.


CESAR LARAIGNEE vs SPIDERMAN.
Il vole de toit en toit à l'aide de ses super-pouvoirs et tisse sa toile sur les brigands. Défenseur de la veuve et de l'orphelin, c'est l'homme-araignée. Spiderman. Tout le monde se rappelle le refrain, il est tombé dans la purée, tout ça. Bref, un super-héros qui agit pour le bien et dompte le mal par les fils qu'il répand un peu partout à la moindre occase. Spiderman forme un sacré trio avec ses copains Batman et Superman. Sans compter Les 4 Fantastiques, les 3 mousquetaires (qui sont 4 en fait) et l'Homme de l'Atlantide en plus. On a une équipe du feu de Zeus. Des Galactiques avant l'heure en quelque sorte, au rayonnement médiatique international qui donne lieu à quelques adaptations locales. En Argentine, Spiderman est rebaptisé César Laraignée et relooké comme un empereur romain. Bah non. Il porte un short, des chaussettes, un maillot et son rapport avec les toiles est uniquement dû à son métier. César est footballeur. Un arrière à l'ancienne né à Buenos Aires le 10 février 1949. Piqué par un araignée mutante alors qu'il joue pour le River Plate (1969-72), César pose ses pattes velues en France pour défendre aussi une bonne cause. Le maintien des clubs par où il passe. Pas facile quand on choisit le Stade de Reims (1972-77) qui a un peu la gueule de bois à l'époque - un abus de football champagne - et le Stade Lavallois (1977-78) un peu trop porté sur le camembert-bérêt-baguette à son goût. César n'aime pas le calendos et file à l'Olympique Avignon (1978-79) où il danse en rond sur le pré. C'est la D2. Laraignée perd un peu ses super-pouvoirs et s'accroche aux pylônes du stade Robert Diochon au F.C Rouen (1979-82) où là c'est la tuile. Opération du trou d'balle. Purée, qu'est-ce qu'y sont cons les mômes !

F.C BERINGEN 1972-73. By Vedettes du football/Voetbalsterren.


EN TOUCHE. La photo (pas très) finish de... Klaus Fock.

Non ce n'est pas Jacquouille la Fripouille après avoir bu la potion qui mène dans les couloirs du temps. Encore moins Andy McDowell et ses droogies dopés au Moloko+. Le gars qui se tape un pif comme une orange s'appelle Klaus Fock - ça ne s'invente pas - et joue parfois au foot. Quelques apparitions à Hambourg à ses débuts, une pige de deux ans à Beringen en Belgique, histoire d'avoir le nez comme une patate. Puis retour au pays à Osnabrück et une fin de carrière chez les punks du Sankt Pauli. Un parcours un peu no future en fait, et parsemé d'embûches aussi pour le Fantômas de la Hanse (Klaus est né à Hambourg). Une mauvaise fracture du nez et toute une réputation est mise au rancart. Ça chambre dans les tribunes avec un public un peu con : « ah tiens, y a l'aut' tête de bite qui rentre sur le terrain ». Évidemment, ça fait mal à entendre surtout quand on regarde le parcours du joueur qui n'a pas toujours eu du pif dans le choix de ses clubs. Alors Klaus, un mot sur ta carrière ? « Fock, j'te pisse dessus ». Au moins comme ça, c'est clair. En plus, vu la taille du pif !

F.C KÖLN 1977-78.


F.C KÖLN 1977-78.
En haut : Weber, Elkjaer-Larsen, Kössling, Pape, Konopka, Simmet, Flohe.
Au milieu : Weisweiler (ent.), D. Müller, Gerber, Cullmann, Wilmer, Schmitz, Löhr (ent. adj.).
Assis: Rohde, Hein, Neumann, Zimmermann, Prestin, Strack.
Accroupis : Nicot, Glowacz, Schumacher, Ehrmann, Schwabe, Van Gool.

La grosse cylindrée de PIERRE LITTBARSKI.


L'attaquant de Cologne Pierre Littbarski, aperçu un temps au Racing, profite des derniers beaux jours pour sortir le panzer de la motocyclette. Un bel engin customisé que l'international allemand promène tout sourire les cheveux dans le vent, et les mouches collées sur les dents si ça continue comme ça. Une manière personnelle et germanique de rendre hommage à B.B et aux paroles de Gainsbourg ou bien l'envie furieuse de prendre la route comme Dennis Hopper et John Fonda dans « Easy rider », avec la sono qui crache les riffs diaboliques du « Born to be wild » de Steppenwolf. Alors quid de tout ça mon Pierrot, mon frangin, mon poteau ? « Le foot de haut niveau, c'est du stress au quotidien. Heureusement, j'ai quelques soupapes pour m'aérer l'esprit en dehors de ma profession. J'ai choisi la moto ». Ah bon, c'est tout. Bah merci quand même Pierrot. Et si t'as besoin d'un coup de main pour le tuning, Djibril Cissé peut faire un p'tit détour par l'Allemagne te conseiller également son tatoueur. Un mec bien dans l'esprit biker.

ALLEMAGNE 1977.


ALLEMAGNE 1977.
Debout : Maïer, Bonhof, Rüssmann, Kaltz, Beer, Volkert.
Accroupis : Vogts, Abramczik, Hölzenbein, Fischer, Dietz.

FAN PICS. Bayern München.

Pour resté prope é digne, silvoplé. (Sepp Maïer et un fan).

SO FASHION. Sepp Maïer.

« Sepp est de ces hommes venus au monde pour faire rire les autres. Je ne saurais plus envisager l'existence sans toutes les situations comiques qu'il crée au fil des jours ». Pour un peu, Mme Maïer retomberait presque amoureuse une deuxième fois en évoquant son gardien de mari Sepp. Der Katze - c'est son surnom au Bayern et c'est pas pour rien - est en effet un chat (dans les cages, ça fait bizarre). Comme lui, il a quelques vies pour profiter. En abusant du ron-ron épicé visiblement si l'on se réfère au cliché. Sepp Maïer, d'ordinaire si coincé dans sa surface, enlève le balai après les matches pour endosser le costume de comique-troupier. Une position dans sa vie privée qu'il explique par un long dégagement en touche, un brin mystérieux : « Le gardien est toujours le dernier d'une équipe. Et le dernier est toujours l'idiot du village. Derrière lui, hurlent les loups ». De Wolverhampton? Mais Maïer reste de marbre, préoccupé par son poignard et le ballon pour son dernier tour en date. Le rôle du calife. Un personnage à la mesure du gardien bavarois, indétrônable au poste de joyeux luron, dont les facéties sont honorées depuis par Ribéry dans un esprit un peu plus franchouillard. Oliver Kahn a essayé aussi mais c'était moins drôle.

BAYERN MUNICH 1975-76.


BAYERN MUNICH 1975-76.
En haut : Cramer (ent.), Hansen, Torstensson, Seneca, Schuster, S. Weib, Zobel, Schwarzenbeck, Müller, Hoeness, Beckenbauer, (l'incroyable) Olk !
Au milieu : Marek, Kress, Mamajewski, Förster, Rummenigge, Roth, Dürnberger, Michelberger (libre dans sa tête), Horsman.
En bas : Arbinger, Externbrink, Kapellmann, Ober, Maïer, Robl, Agatha, Kaczor, Wunder, G. Weib.