BIO EXPRESS DEGRADABLE. Jean-Michel Moutier.

JEAN-MICHEL MOUTIER.
Jean-Michel Moutier naît le 18 mars 1955 à Damelevières (Meurthe-et-Mademoiselle). Le même jour que Jean-Bernard Lévy, le boss de Vivendi. Destins croisés. Short cuts. Mais si l'un est plutôt beau gosse à son époque et termine bourré aux as, l'autre présente des kilos superflus et devient footballeur. Celui qui court pas trop dans l'équipe à cause de son poids. Les potes, pas salauds, collent alors le gros Moumoute à une place de titulaire indiscutable: gardien de but. Avec sa corpulence, Jean-Mich' remplit bien les cages. C'est rassurant pour la défense. Pas revanchard, Jean-Michel Moutier s'en accommode et apprend ses gammes à Lunéville (1969-72) avant d'entrer au centre de formation de l'AS Nancy-Lorraine en 1972.

L'AS NANCY-LORRAINE au Mexique à la fin des 70's. Sympa l'ambiance.

C'est le temps des copains à Nancy. Platoche, La Rouille, Rubio... Les 400 coups tout ça. La vie de stagiaires. Mais ça bosse. « Au chardon ! » comme on dit du côté de Tomblaine. La jeune génération nancéenne intègre peu à peu l'équipe première et squatte les places de titulaire. Moumoute fait sa place au début de la saison 1974-75. Nancy connaît alors une période dorée. Des joueurs sympas, doués, qui font des paris à l'entraînement. Platini au coup-franc. Moutier dans les buts. Des p'tits bonhommes en mousse pour faire le mur. Des séances et des séances. Ces deux-là ont du tempérament. Pas du raplapla. Une boisson bien vitaminée et l'ASNL séduit par son jeu pétillant. C'est l'euphorie dans les travées de Marcel-Picot. L'équipe dirigée par le rigide Antoine Redin - qui rigole pas souvent parce que trop concentré sur la tactique – monte en puissance et connaît son heure de gloire juste avant la coupe du monde en Argentine. Juin 1978. Nancy bat Nice en finale de coupe de France. Platini inscrit l'unique but de la partie. La consécration pour l'ASNL et ses premiers de la classe. Qui attirent les convoitises des grands clubs français et européens. Platini part à Sainté. Nancy perd son joyau, et son âme peu à peu. Jean-Michel Moutier réalise des performances honnêtes mais s'installe dans une sorte de train-train monotone comme les saisons de son club post-coupe de France. En 1983, Bruno « un p'tit coup » Martini débarque en Lorraine et chipe la place à Jean-Mich' qui gère son spleen avec des chips et du coca. Il ne supporte son rôle de doublure en fait et demande à être transféré pour l'exercice suivant. Nancy c'est fini. Le temps des copains, les putains de coup-francs de Platoche, le rire de La Rouille... Bref, Jean-Michel Moutier s'assoit sur ses souvenirs et arrive au PSG au début de la saison 1984-85 pour faire concurrence à un Baratelli vieillissant. Avec Philippe Jeannol dans ses bagages. Une année noire pour Paris et Moumoute qui supporte pas la pression (au stade parce qu'au bar !!!) ni le turn-over imposé par Peyroche. Ridiculisés en coupe d'Europe par Vidéoton, des Magyars agiles. Largués en championnat, le PSG peut espérer se refaire la cerise en coupe de France. Défaite en finale contre Monaco. La tuile pour une équipe qui collectionne les ardoises durant toute la saison. Au début de l'exercice 1985-86, le PSG décide de taper fort en matière de recrutement: Robert Jacques, Omar Da Fonseca, les Nantais Bibard et Poullain, Sène le Lavallois, Gérard Houllier pour diriger l'effectif et Joël Bats, le jeune gardien international débarqué d'Auxerre. Moumoute comprend le message et s'en retourne sur le banc comme à la fin de son époque nancéenne. Sans trop rien foutre sur le terrain, Jean-Michel Moutier glane cette saison le titre de champion de France.

Un trophée qui ressemble à une victoire de la lose pour lui. Bats s'installe tranquillement dans les cages parisiennes. Le gros Moumoute ne fait plus que des apparitions éparses et met un terme à sa carrière à la fin de la saison 1986-87 avec une seule titularisation au compteur. A 32 ans, il devient d'abord entraîneur des gardiens puis directeur sportif en faisant régulièrement l'aller-retour entre Paris et Nancy. Non sans avoir établi son quartier général pas très loin du Parc des Princes, au Trois Obus, un bar des habitués du PSG. Comme quoi la pression, ça dépend beaucoup de l'environnement...


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