MARIUS TRESOR/JEAN-PIERRE ADAMS. La garde noire de l'équipe de France.


Marius Trésor et Jean-Pierre Adams. La première charnière défensive centrale black de l'équipe de France. Considérée comme l'une des meilleures d'Europe à l'époque malgré la pauvreté des résultats et du niveau de jeu des Tricolores. Réunie pour la première fois le 18 juin 1972 contre la Colombie à l'occasion de la coupe de l'Indépendance, elle constitue la célèbre "garde noire" de l'équipe de France. Pour l'anecdote, lors de sa première cape internationale, Jean-Pierre Adams entre en cours de match en remplacement de... Marius Trésor à un quart d'heure de la fin de la rencontre qui oppose la France à une sélection africaine. La boucle est bouclée.

SO FASHION. Marius Trésor.


Marius "hip-hop" Trésor aka Grandmaster Flash. Casquette stylée vissée sur la tête et Ray-Ban chelou sur les yeux, gangsta Marius à l'heure de l'underground US et du rap des ghettos. Membre d'un obscur gang de la cité phocéenne baptisé OM sweet home pour faire la nique aux bandes rivales de la Capitale, Marius "cutting" Trésor scratche aussi sur la Marseillaise à l'appel de la Sélection. Un vrai rebelle insoumis qui traque du Georges Boulogne Boyz. Une carrière qui prend un hic plus tard et donne le hoquet. Surpris à danser la biguine sur un mix toqué. Les sirènes commerciales des grandes majors. Ah, sacré Marius !

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(70's)

IDENTITE NATIONALE. La fiche Edf de... Marius Trésor.


Première sélection ?
Le 4 décembre 1971 contre la Bulgarie à Sofia. Défaite 2 buts à 1. Un match qui compte pour les éliminatoires du championnat d'Europe 1972.

La der ?
Le 12 novembre 1983 contre la Yougoslavie. Un match amical à Zagreb. Pour ma der, je suis capitaine de l'équipe. Un beau cadeau pour une rencontre vraiment nulle.

Fait marquant en Bleu ?
Mes deux participations à une coupe du Monde (1978 et 1982). Cependant, malgré une génération dorée, je n'ai jamais rien gagné avec les Bleus. A part peut-être le titre de recordman de sélections durant un paquet d'années. Mais je fais figure d'un charlot maintenant à côté de mes contemporains. 

Anecdote ?
J'ai pas marqué beaucoup de buts durant ma carrière en Bleu (4). Mais j'en ai deux qui restent gravés à jamais dans ma mémoire. Celui du Maracana contre le Brésil pendant notre tournée Amsud 1977. J'égalise à 5 minutes de la fin alors qu'on était mené 2-0 (réduction du score par Six). Et ma reprise de volée de la mort contre l'Allemagne, à Séville, dans un match à chialer. Une fusée dans une division de panzers ! A la fin on perd la guerre malgré une résistance héroïque, et on laisse toute une génération de quadras orphelins d'une coupe du Monde. J'en pleure encore tiens. Sinon j'ai fait un disque tout pourri aussi: "Sacré Marius". Pour le coup c'est vraiment la zone là...


FRANCE-Hongrie 1975.


FRANCE-Hongrie 1975.
Debout : Lopez, Trésor, V. Zwunka, Bracci, Guillou, Charrier.
Accroupis : Michel, Huck, Triantafilos, H. Revelli, Bereta.


- 26 mars 1975 -
Parc des Princes. Paris. 25.000 spectateurs.
- amical -
FRANCE bat Hongrie : 2-0 (0-0). 
Arbitre Mr Klaus Ohmsen (Allemagne).
But : Michel (56ème), Parizon (63ème) pour la France.
Remplacements : H. Revelli par Parizon (60ème), Huck par Papi (70ème) et Lopez par Merchadier (83ème) pour la France. Nagy par A. Toth (59ème) pour la Hongrie.
FRANCE : Charrier – Lopez, V. Zvunka, Trésor, Bracci – Huck, Michel, Guillou – Triantafilos, H. Revelli, Bereta. Entraîneur : Stefan Kovacs.
HONGRIE : Meszaros – Kolar, Balint, Dunai, Horvath – J. Toth, Fazekas, Kocsis – Pinter, Bene, Nagy. Entraîneur : Lajos Baroti.

Guillou, Triantafilos et Trésor avant la rencontre.

LE MATCH EN PHOTOS

Jean-Marc Guillou, le chef d'orchestre des Bleus.

René Charrier, une première chez les Bleus.

LE MATCH VU PAR MIROIR DU FOOTBALL

LE MATCH EN VIDEO

WAGs RETRO. Bernard Lacombe et ses poules.


Bah y a en de la poule dans le jardin de Bernard Lacombe. Et ça roule du croupion avec ça. Quel est donc le secret du Nanard qui pousse la volaille à sortir les cuisses de la sorte, la crête punky bien droite sur la tête ? Sûrement pas son look de baltringue à première vue. Pas de quoi faire le coq avec ça. Un style no future version rurale bien dans la tendance à se farcir de la dinde plutôt que de la poulette volage et frivole. Mais alors quoi ? Les stats du Bomber rhôdanien ? Peut-être. Pour un renard des surfaces, elles sont en tous cas belles à croquer les jolies cailles. Décidément, notre Nanard-belle-gueule n'en rate pas une pour affoler les cages (à poules) adverses et transformer des occases en or. Histoire de conclure quoi.

BIO EXPRESS DEGRADABLE. Bernard Lacombe.

BERNARD LACOMBE.
Bernard Lacombe naît en 1952 à Lyon. Mais sans crinière. Comme tous les bébés ou presque, il n'a pas un cheveu sur le caillou et la tête ronde comme un ballon à la naissance. Le ballon d'ailleurs, il y pense très tôt, dès l'âge de 11 ans (licencié à Fontaine-sur-Saône) mais sans trop rêver non plus à une carrière. Donc il apprend le métier de chaudronnier pour construire un stade écologique à St-Etienne: le chaudron vert. A vérifier quand même mais il veut pas trop en parler malheureux !

Grâce à son premier métier, Bernard Lacombe sait comment faire pour percer le coffre-fort des défenses adverses. Il construit aussi des poteaux magiques qui font renter le ballon au fond des filets.

Nanard ne veut pas d'étiquette politique dans le dos. Il souhaite plutôt porter un numéro à contrario du Prisonnier. Et le 9 de préférence. Comme il est jeune, frais et dispo... Bref. A 16 ans, repéré par Aimé Mignot, entraîneur de l'OL à l'époque, il intègre le club de sa ville. Un an plus tard, en 1969 année érhonique, il joue son premier match professionnel contre le Red Star à Gerland. A partir de 1971, il devient un titulaire indiscutable au poste d'avant-centre chez les Gones. Pendant près de 10 ans, Bernard Lacombe vît une véritable love story avec son club. Avec ses compères de l'attaque, Fleury Di Nallo et Serge Chiesa, il collectionne les buts à défaut d'empiler les titres. Doit-il se contenter ainsi d'une coupe de France en 1973 aux dépens du FC Nantes, match dans lequel il marque un but controversé en contrôlant le ballon de la main. A 21 ans, Nanard est déjà un vieux roublard des surfaces. Une distinction qui lui vaut une première cape internationale quelques mois plus tard contre la Grèce. A Lyon, Lacombe est heureux comme le roi des animaux dans la savane jusqu'à cette terrible année 1978. En proie à quelques difficultés financières, l'OL est obligé de vendre pour récupérer de la caillasse. Et l'impossible se produit. Nanard est transféré à St-Etienne ! Le banlieusard lyonnais quitte son quartier de Gerland pour gagner la Capitale du foot à l'époque. En chialant. Pris par la nostalgie, il va même jusqu'à rejoindre les vestiaires lyonnais à l'occasion du derby qui marque son retour à Gerland. Vert de rage, il rate son match comme sa saison dans le Forez (32 matches, 14 buts).  Privé une nouvelle fois de titres à l'heure où l'ASSE entame son lent déclin, Nanard quitte le Rocher qui lui coupe l'Herbin sous les pieds. L'homme à la pipe l'envoie à Bordeaux boire sa tristesse et sa mélancolie où il retrouve cependant - miracle de la vigne et du jus de raisin - une seconde jeunesse et entame une nouvelle carrière à hauteur de ses espérances.

A Saint-Etienne, Nanard joue avec des gamins mal coiffés et légèrement frimeurs ! (Laurent Roussey).

Le club dirigé par le président Bez et coaché par Aimé Jacquet, ex-Stéphanois passé par Lyon (!!!), est une place forte du foot français au début des années 80. Avec les Girondins, Bernard Lacombe collectionne enfin les trophées et marque des buts qui ont un sens. Champion de France 1984, 85 et 87, il ajoute aussi deux nouvelles coupes nationales à son palmarès (1986 et 87) et un titre de champion d'Europe avec l'équipe de France (1984) après deux coupes du Monde décevantes sur le plan personnel (1978 et 82). En Argentine, la France démarre sur les chapeaux de roues (il marque le but le plus rapide de l'Histoire en CM) et finit sur une mauvaise crevaison (élimination au 1er tour). En Espagne, une vilaine blessure au début du second tour l'empêche de participer à la suite de la compétition, notamment la demi-finale contre l'Allemagne. Il met un terme à sa carrière internationale après l'Euro 84 pour se consacrer uniquement à son club jusqu'à la fin de la saison 1986-87, date à laquelle il se retire définitivement des terrains. Avec la satisfaction du travail bien accompli puisqu'il est encore, à l'heure actuelle, le buteur français le plus prolifique en championnat (derrière Delio Onnis) avec un total de 255 buts inscrits. Au début de l'été 1988, Nanard la coule douce chez lui quand un certain Jean-Michel Aulas, jeune président de l'OL, le contacte pour le poste de directeur sportif du club. Lacombe accepte et signe un bail longue durée avec son équipe de toujours. Raymond Domenech, qui porte la moustache depuis la naissance, est nommé entraîneur et ne se préoccupe pas encore de communication. Pas de chichis ni de charabia, l'OL est alors en D2 et tout le monde se fout des clubs de banlieue en prime (de match).

Sa dernière saison professionnelle en 1986-87. Avec les Girondins de Bordeaux et Philippe Vercruysse. Purée, ça va pas rigoler tous les jours pour Nanard !

IDENTITE NATIONALE. La fiche Edf de... Bernard Lacombe.


Première sélection ?
Le 8 septembre 1973 contre la Grèce au Parc des Princes. Victoire 3-1. Je serre les fesses durant le match, jusqu'à l'heure de jeu et mon remplacement par Marc Berdoll.

La der ?
Le 27 juin 1984 contre l'Espagne. C'est la finale du championnat d'Europe. On gagne et je m'en vais. A 32 ans, je mets fin à ma carrière internationale sur un titre. Bien ouej le Nanard. Un vrai renard qui sent bien les coups !

Fait marquant en Bleu ?
Deux participations à une coupe du Monde (1978 et 1982), un championnat d'Europe (1984). Mon seul titre international d'ailleurs. Une douzaine de buts en Bleu. Je suis content de mon parcours chez les Tricolores malgré ma blessure qui me prive de la demi-finale en 1982 contre l'Allemagne. J'aurai bien tâter du Teuton quand même...

Anecdote ?
En 1978 contre l'Italie pour notre premier match de la coupe du Monde en Argentine. Didier Six fait son foufou sur l'aile gauche et balourde un centre que je reprends de la tête dans les buts de Zoff. 32 secondes de jeu. C'est le but le plus rapide de l'histoire de la coupe du Monde à l'époque. De quoi avoir la grosse tête... qui se dégonfle quatre ans plus tard.


GIRONDINS de BORDEAUX 1971-72.


GIRONDINS de BORDEAUX 
1971-72

Debouts : Gérard Papin, Pierre Rigoni, Jean-Claude Dubouil, Robert Péri, Yves Texier, André Mérelle.

Accroupis : Jean Gallice, Bent Jensen, Carlos Ruiter, Alain Giresse, Edouard Wojciak.

SO FASHION. Alain Giresse.


Au maillot avec le scapulaire, Alain Giresse préfère largement le torse-poil. A côté de ses copains Dupont, employé de banque dans la vie civile, et Goubet, sosie officiel de Gérard Depardieu, le Gigi-rondin a le sourire éclatant et le duvet saillant. Une belle moustache naissante pour un talent grandissant.

La grosse cylindrée de BERNARD LACOMBE.

Un look à tomber de la Lyonnaise sur les bords du Rhône les dimanches après le décrassage du matin et une caisse de killer de la mort. Une bonne vieille Peuge. 204 ? 304 ? Coupée ou pas, il s'en tape Bernard Lacombe parce que de toute façon, il porte pas de 501 américain. Plutôt des pantalons de velours et le col roulé en coton. La French touch quoi. Avec la moumoute sur le volant, ça jette à max. Manquent la cibie et le spoiler pour la finition. Sacrée bagnole quand même. Et du solide en plus la marque au lion. Lyon-Peugeot. Bref... Tu peux être fier Narnard, t'as la carrure d'un pilote.

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(1973)

FINALE COUPE DE FRANCE 1973. LYON-NANTES.



OLYMPIQUE LYONNAIS.
Debout: Mihajlovic, Domenech, Chauveau, Cacchioni, Prost, Lhomme, Trivic
Accroupis: Chiesa, Lacombe, Di Nallo, Ravier.

FC NANTES.
Debout: Bertrand-Demanes, Osman, Gardon, Bargas, De Michèle, Maas.
Accroupis: Blanchet, Michel, Couécou, Rampillon, Pech.

LE MATCH EN PHOTOS.
Ravier pénètre dans la défense nantaise et attend l'aide de son copain Di Nallo.


Le pénalty qui crée les embrouilles à la demi-heure de jeu. Trivic le transforme et le FC Nantes ne s'en remet pas vraiment. Par la suite, les Canaris qui ressemblent plutôt à des rouges-gorges pour la finale, ont des opportunités pour égaliser mais ça rentre pas.



Di Nallo n'est pas très rassuré devant les supporters de l'OL. Il veut pas lâcher sa coupe alors que Lacombe s'en fout royalement. Lui, il veut être beau sur la photo.

LA REMISE DE LA COUPE EN VIDEO.

Bernard Lacombe, Fleury di Nallo et Serge Chiesa. Les nains lyonnais font de la pub pour de l'eau gazeuse alors qu'ils devraient manger de la soupe ! Mais ça les empêche pas de gagner la coupe de France...

LE GESTE TECHNIQUE DECRYPTE de Fleury di Nallo.

Fleury Di Nallo.
[Interprétez: Fleury di Nallo, c'est pour ça qu'il ne grossit pas].
Le geste technique:
Les yeux sur le ballon. Toute sa carrière à Lyon et une pige sommaire au Red Star à l'heure de la retraite (1974-75). 12 matches, 5 buts. Fleury Di Nallo a donc le temps de jouer à la baballe durant ses longues heures de loisirs qu'il passe dans les parcs aquatiques admirer ses amis mammifères marins, et reproduire derechef leurs gestes sur le pré. Pas au fond d'une piscine parce que même si Fleury di Nallo, bah il est pas amphibie non plus. On ne peut pas tout avoir. Une technique remarquable où le footballeur rejoint l'otarie. Un équilibre parfait où la maîtrise devient virtuosité. Quand l'homme et le ballon ne font plus qu'un, on a quand même le regard louche et l'air un peu con. Di Nallo plonge dans le grand bain du football-spectacle et donne dans l'exhibition. Sous vos applaudissements, et enlevez les bobs ricard par respect. S'il vous plaît.

RED STAR 1973-74. Dernière montée en D1.

RED STAR 1973-74.
Debout : Laudu, Garrigues, Ahache, Mérelle, Grabowski, Jarra.
Accroupis : Bras, Donnat, Combin, Ducuing, Gonzales.

Le Red Star se balade dans son groupe pendant la saison 1973-74. Avec 19 victoires, 12 matches nuls et seulement 3 défaites (PSG, Toulon et Béziers), les Audoniens terminent en tête de leur groupe du championnat de France de D2 avec 4 points d'avance sur le Paris SG. Les deux équipes parisiennes surnagent d'ailleurs cet exercice puisque le troisième, Toulouse, est à 13 points du vainqueur. Avec Michel Travolti - la doublure de Christian Laudu - dans les caisses, c'est la fièvre tous les samedis soirs du côté du stade Bauer d'autant qu'en attaque Nestor Combin, l'ex-buteur lyonnais passé par l'Italie (Juve, Torino, Milan A.C) et revenu par le FC Metz avant de signer pour le club de la banlieue rouge en début de saison, carabine sévère et termine meilleur buteur du groupe B (24 buts). Le Red Star accède donc directement à la D1 avant de se prendre les pieds dans le gazon pour l'obtention du titre de champion de D2. Face au LOSC (1er du groupe A), les Audoniens s'assurent un succès facile à l'aller chez les Dogues (0-2) mais prennent une véritable correction à domicile lors du match retour (1-5). Le LOSC, c'est quand même autre chose que les chauds derbies vécus cette saison-là face aux voisins de Fontainebleau et Mantes-la-Jolie ou les déplacements pittoresques à Vittel et Nevers.

Nestor Combin claque des buts à la pelle et se fait courser par les hools locaux qui veulent lui piquer son short en souvenir de son passage au Red Star. Pendant ce temps-là Guy Garrigues, le capitaine audonien qui sent bon le soleil du Midi, en profite pour tourner l'épisode pilote de Louis la Brocante aux puces de St-Ouen. Pas trop de frais de défraiement pour les producteurs qui profitent de l'aubaine et du stade Bauer tout proche pour caster à l'économie.


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(70's)

LES BOURRINS DU PSG. Christian André.

CHRISTIAN ANDRE.
On ne va pas vous la faire à l’envers: on ne savait pas qu’un certain Christian André, né le 14 août 1950 à La Trinité (Martinique), avait été un jour (deux, en fait) l’avant-centre titulaire du PSG en D1. Christian, c’est la Kalach de la stat’: 30 buts en 51 matchs de championnat lorsque Paris évolue en D3 et D2. Quand, en 1974, arrive la D1 et ses 5 000 spectateurs de moyenne, il fait quatre apparitions (deux fois titulaires, deux fois remplaçants) et plante deux buts. Quand on compare ses stats à celles de Kezman, Dédé, c’est le Gerd Müller des Dom-Tom.
Bon, c’est là que ça se corse (où il terminera sa carrière): après cette entame de feu, le PSG le prête mystérieusement au Red Star. Pourquoi, comment ? Parce que le coach Just Fontaine considérait qu’à moins de 13 buts en 6 matchs, on avait les pieds carrés ? Parce que le boss Daniel Hechter répétait qu’avec son maillot Canada Dry, Christian ressemblait à un buteur, était doré comme un buteur mais n’était pas un buteur ? Non. Après enquête (pas hyper vérifiée non plus), voici l’horrible vérité: à la suite d’une énième blague sur son nom (" André, elles sont nazes tes pompes "), Christian aurait collé un taquet express à Jacky Laposte, faisant de lui un bourrin de vestiaire qu’il aurait vite fallu envoyer au voisin audonien. Avec ou sans accusé de réception. (par Raphaël Turcat).

FOOT ROCK AND ROUFLAQUETTES. François M'Pelé.


FRANCOIS M'PELE.
Alors comme ça François M'Pelé. OK d'acc'. Comme pas mal de monde d'ailleurs. Le Brésil 70. Viva Mexico et sans bas, des gestes d'anthologie gravés dans les mémoires ou sur DVD. Mais même avec un maillot Kopa... cabana sur le cul, pas trop non plus, ce qu'il préfère par-dessus tout, bien avant le jeu fluide de la Seleção au rythme de la samba, c'est le jus de chaussettes carabiné. Un truc au caractère bien trempé qui renifle de la semelle, et ne fait pas spécialement l'unanimité comme le Roi. Alors si François M'Pelé, certes, il ne fait pas toujours dans la dentelle et déteste lécher les pompes des gens qu'on porte sur un trône. Ou plutôt pas celui sur lequel les Rois sont sacrés. Lui c'est une vraie (ch)étron sauvage comme sa musique de crados qui refoule du bec et cogne sévère les tympans. Un peu comme son groupe préféré improbable, DANKO JONES, toujours debout et jamais K.O dans le chaos infernal des larsens.



PARIS S.G 1973-74. Café crème ou café noir ?

PARIS SG 1973-74.
Debout : Laposte, Planchard, Bade, Renaut, Cardiet, Leonetti.
Accroupis : M'Pelé, André, Deloffre, Spiegler, Dogliani.

Saison 1973-74. Le Paris SG évolue dans le bourbier de la D2 - toujours mieux que la D3 mais Miossec ne chante pas encore - et lutte pour l'accession au niveau supérieur en présentant une particularité bien spécifique. C'est en effet le seul club français à accueillir dans ses rangs un véritable contingent de joueurs de couleur. Sept au total. Tous ne sont pas titulaires en équipe première mais avant l'heure et la mode post-98, le PSG est bel et bien à cette époque un modèle d'intégration avec son effectif black (beaucoup), blanc (pas mal aussi) et jambon-beurre parce qu'on est quand même à Paris.

André, Laposte, Bade, Fontaine, Dossevi, Nosibor, Bajoc. Cherchez l'erreur.

Le club dirigé par le président Patrelle (secondé par Daniel Hechter) et entraîné par Robert Vicot avec l'aide de Just Fontaine, se démarque ainsi des autres avec son effectif typé et son goût pour le cinéma en noir et blanc. Ses vedettes du ballon rond ont pour nom Christian André, Jacky Bade, Pierre Bajoc, Otniel Dossevi, Jacques Laposte, Guy Nosibor et François M'Pelé (pour pas copier sur l'autre). La black connection amène donc le soleil dans la Capitale et de la bonne humeur même si, selon Henri Patrelle, quand il fait froid, le moral n'est pas au beau fixe. Mais ils se réunissent souvent, écoutent de la musique et des airs de leur pays ". La danse, c'est un secret pour personne, a cette vertu de réchauffer les corps et les coeurs transis par le climat parisien en hiver. Mais si les métisses du PSG ont le rythme dans la peau sur le dance-floor, c'est la même rengaine sur le terrain.

François M'Pelé porte bien la veste.

Ainsi Jacky Bade, 28 ans, l'aîné de la Compagnie Créole, qui prépare des études de médecine en même temps qu'il joue au football est comparé par Justo comme un défenseur qui aurait pu faire une carrière aussi brillante que Trésor ". Mais lui songe plutôt à son avenir, et c'est dans un cabinet qu'il le préfère. Sans faire de boudin. Christian André, 23 ans, passe d'abord par l'athlétisme avant de choisir le foot. Au poste de gardien de but. Puis il devient attaquant sur ordre de ses parents qui ont peur pour ses mains. Vif et rapide comme l'éclair, Justo le considèreencore perfectible et fera un ailier de grande valeur quand il disciplinera son jeu ". Autre chien fou, Jacky Laposte, 22 ans, est un jeune milieu offensif lui aussi un peu timbré sur les bords et son seul facteur de réussite, c'est en short sur un terrain plutôt qu'à vélo avec une sacoche qu'il le voit malgré son côté un peu foufou dans son jeu " aux yeux du pimpant Just Fontaine encore lui. Pierre Bajoc et Guy Nosibor, 19 et 20 ans à peine, sont les cadets du clan. Des jeunes qui attendent patiemment dans la pépinière de St Germain avant d'éclore ...dans le grand bain [...] pour faire de grandes choses ". A 27 ans, Otniel Dossevi est l'autre intello de la bande. Attaquant confirmé très pris par ses études ", il est agrégé de Lettres et prépare un Doctorat afin d'exercer plus tard dans son Togo natal. Ce qui ne l'empêche pas d'inscrire une flopée de pions sur son tableau noir avec son sens du but ". Tous sont classés amateurs, hormis le Congolais François M'Pelé qui fait figure d'exception en étant le seul pro. C'est aussi le dernier arrivé à Paris en provenance de l'AC Ajaccio, recruté au nez et la barbe de Nice et Bastia après quelques épisodes guignolesques concernant le montant du transfert. Un PSG tout blanc dans cette affaire ? Pas si sûr finalement au vu de son effectif et sa propension à enchérir sur l'Or noir...

Visiblement y aura pas assez de ballons pour tout le monde.

La garde noire du PSG.
En haut: Christian André, François M'Pelé, Guy Nosibor.
En bas: Jacky Bade, Otniel Dossevi, Pierre Bajoc.

L'effectif du PSG en détail.